ACTE IV, SCÈNE II. i
enivrés de la même coupe ; lui et moi , nous adorons le même Rédempteur. Que nos cœurs lui soient un autel! Aucun lien terrestre, il est vrai, ne nous joint ; nous ne fleurirons pas moins comme deux arbres du paradis, car le même amour nous enflamme et nous unit ensemble.
HUBERT, dans le fond , montrant Catlcerine
Elle aussi est attirée par l'amour.
{ François arme , la visière Laissée ; Tlie'rèse, arrivant du côte' par où Catherine est
venue. )
FRANÇOIS, à Catherine.
Quelle ivresse te transporte? où cours-tu ainsi ?
CATHERINE
Vers notre nouveau Sauveur !
THERESE , avec sensibilité.
Arbres, vous qui seuls êtes fidèles, du moins me resterez-vous attachés ?
CATHERINE, montrant douloureusement The'rèse.
Voilà la victime, (se montrant elle-même) et voilà l'autel !
( Luther , accompagné de Théohald qui joue de la llûte, de Mélanchtlion et de Jean , s'avance sur la scène. Catherine , François et Thérèse , sans en être aperçus, se retirent au fond, et tombent à genoux , ainsi qu'Hubert , mêlant leur voix au cantique suivant. )
LUTHER chante, ainsi que ceux qui l'accompagnent.
t( Seigneur, notre Dieu, nous te louons, nous te remercions; Seigneur, notre Dieu, c'est toi, Créateur, notre père dans toute éternité; c'est toi qu'honore le inonde en ses vastes espaces! Losanges , et toutes les armées célestes , et tout ce qui ce-
2oo LUTHER,
lèbre ta gloire, la troupe céleste des chérubins et des séraphins , tous ensemble chantent et répètent en chœur : « Notre Dieu est saint , saint est notre Dieu. »