ACTE IV, SCÈNE II
Soit , j'y consens aussi ; et amen, car Dieu est avec nous.
( Il s'assied sur le gazon : Catherine est à sa droite , François à sa gauche , The'ohald près de Catherine , Mélanchthon près de François , Jean près de Mélanchthon. )
CATHERINE, à Thérèse qui est devant elle.
Donne bien vite!
(Thc'rèse e'tend vivement une nappe, y pose une carafe de vin et des fruits qu'elle tire de son sac de pèlerin. )
LUTHER , regardant The'rèse avec plaisir.
Quelle inte'ressante enfant ! que de finesse et de délicatesse! {A Catherine.) Venez -vous de loin d'ici ?
CATHERINE, embarrassée.
Nous venons.... Voyez donc,... j'ai oublié le nom de l'endroit...
THERESE , l'interrompant.
Nous venons de la contre'e où fleurissent les hyacinthes; la mienne, hélas! ne fleurira plus.
LUTHER, à Thérèse.
Regardez ces belles étoiles ; elles brillent même à la lueur du soleil; elles vous guideront, aimable enfant, et voyageront avec vous.
( Luther , Théobald et Jean mangent ; Catherine , François, toujours la visière baissée, ne mangent rien ; le regard de Catherine est toujours fixé sur Luther. )
HUBERT, s'approchant avec timidité du fond du théâtre vers ceux qui mangeul.
Dieu bénisse votre repas !
LUTHER, à Thérèse, toujours préoccupée.
Mais assieds-toi donc, enfin.
( Thérèse s'assied , niais éloignée des autres et près de 1 héobald.
?o2 LUTHER,
JEAN, buvant à Hubert.
A ta santé, l'ami.
M EL ANC HT II ON , avec joie , eu reconnaissant Hubert-
Hubert ! ue me trompé-je point ?
HUBERT
0 mon maître !
( Ils s'embrassent. ) LUTHER, à Hubert.
N'as-tu pas été' au service de Philippe ?
HUBERT
Oui, et ensuite je suis redevenu mineur.
LUTHER , avec tranquillité'.
J'en suis charmé. Allons, de la joie et de la sérénité, mes amis et mes frères! Le soir nous apporte la récompense du travail de la journée. Voyez là-bas le soleil qui se couche doucement. Si vous rappelez dans votre âme le souvenir de ses rayons brillans, par de doux chants et les nobles accords de la muse , les heures qui viennent de s'écouler n'auront pas été perdues pour vous.
THÉOBALD
Connaissez-vous la chanson de YEscarboucle ?
FRANÇOIS, à part, et regardant Catherine.
Comme elle s'enivre à contempler ses traits !... Dieu! elle l'aime!... Oh! puissé-je n'être pas né !
THÉOBALD
Connais- lu cette chanson ?