ACTE V, SCÈNE I. 2i
timidité et d'un air suppliant de Vabbesse. ) Oh ! ne te détourne pas de moi ; de grâce , quelques paroles de consolation .
L'ABBESSE, disant d'un ton grave et se'vère tout ce qui suit.
Comment est morte Thérèse ?
CATHERINE, avec douleur.
0 ma mère ! je suis maintenant toute seule ! aie pitié
L'ABBESSE
Dis-moi comment est morte Thérèse.
CATHERINE
Oh ! n'épancherais-je pas mon âme dans ton sein maternel ? ne te confesserais -je pas ce que mon cœur ?
L'ABBESSE
Je le sais Non, tu ne le dois pas.... Mais dismoi comment est morte la sainte Thérèse ?
CATHERINE
Lorsque celui Oserai-je le nommer ?
L'ABBESSE
Si tu l'oses , que ce soit devant Dieu seulement. Me rouvre pas mes anciennes blessures.
CATHERINE, accablée de douleur.
Lorsque dans le bois près de Worms il
L'ABBESSE
Prends courage.
CATHERINE
Il fut pris par des brigands, et conduit
2i6 LUTHER,
L'ABBESSE
Vers la mort, qu'il a trop
CATHERINE
Oh ! de grâce , arrêtez !
L'ABBESSE
Il est mort.... Lui aussi paraîtra devant un juge mise'ricordieux ; ce n'est pas de lui que je m'informe, mais de Thérèse,
CATHERINE
Nous retournâmes toutes les deux vers nos cellules, nous achevâmes seules ce funeste pèlerinage.
L'ABBESSE
Qui n'est point avec Dieu est seule... Tu fus seule depuis que tu rompis le pacte d'alliance qui t'unissait à ton Dieu; Thérèse ne le fut jamais . . . Mais continue.
CATHERINE
Nous ne revîmes plus en route Wildeneck, qui nous avait conduites à Worms; je ne l'ai plus rencontré depuis cette soirée ; Dieu sait ce qu'il est devenu.
L'ABBESSE, avec beaucoup de calme.
Le plus furieux des iconoclastes ; l'amour déçu l'a conduit à la démence.
CATHERINE, avec un cri d'effroi.
Juste Dieu!