ACTE V, SCÈNE I
une apparition à la fois sérieuse et folâtre , je crus voir des enfans avec de longues barbes se livrer à d'aimables jeux. {Avec une émotion croissante.) Frappée comme d'un éclair, je m'écrie tout à coup , Thérèse ! et ce nom retentit , comme répété par des clochettes argentines. Un pressentiment me saisit, une impression indéfinissable... Portée comme suides ailes, j'accours vers le parterre. . . 0 Dieu ! ô mon juge!...
L'A BB ES SE
Je devine...
CATHEB1NE, dans la douleur la plus profonde.
Que ne puis-je fondre en larmes... Je vois ce doux enfant étendu sans mouvement sur une couche de fleurs, je me précipite comme anéantie sur elle, je la presse sur mon cœur; je crie à son oreille...
L'ABBESSE
Tu as pu troubler le sommeil de la bienheu-
reuse
CATHERINE
Ah! savais-je ce que je faisais?.. Elle ouvrit encore une fois les yeux... ils ne brillaient plus, mais ils exprimaient déjà la béatitude céleste... Elle dit tout doucement : Théobald, je suis à toi; ou plutôt elle le chanta... Un doux frémissement de harpe se fit entendre à l'instant où, comme des soleils éteints , ses yeux se fermèrent pour toujours.
L'ABBESSE, étonnée.
Théobald! qui est cela?
CATHERINE
Le sais-je?
L'ABBESSE
L'avait-elle déjà nommé?
CATHERINE
Jamais.
UNE PETITE FILLE, entrant précipitamment, à l'abbesse.
0 ma mère! venez à la maison, voilà les furieux iconolastes.
L'ABBESSE
Qui?