‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 149 sur 272 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

C ATHER I NE, seule , toujours lis yeux fermés , les bras étendus et à genoux, lentement et avec exaltation.

Laisse-moi te cueillir, belle hyacinthe! mais non, tu t'exhales en doux parfums. ( Ouvrant les jeux et se relevant avec peine.) Où étais-je? qu'ai-je vu? ( Comme sortant dun songe, lentement et par intervalle.) N'y avait-il pas ici un chevalier? n'ai-je pas entendu les Ilots tumultueux du peuple?... François, ce me semble?... [Mettant la main sur son cœur. ) Et tout si solitaire ici !.. et, autour de moi, tout également vide!... C'en est fait, tout est évanoui, tout est désert et silencieux!... N'y avait-il pas ici des autels, des images? et maintenant... [S' appuyant sur une des colonnes. ) Comme mes genoux tremblent sous moi!... Thérèse!... la bonne vieille mère et Wildeneck ! . . . que sont-ils tous devenus? Suis-je donc seule ici? j'aperçois là-bas un cep;... c'est là, je crois, qu'était le grand autel. ( Versant un torrent de larmes et d'une voix étouffée.) Méchant enfant, tu as tout emporté avec toi! n'était-ce pas assez pour toi de t'enfuir seule ? [Montrant avec douleur les autels détruits.) 11 n'est que trop vrai, toutes ces anciennes et brillantes étoiles devaient s'en aller avec toi !... et le cep solitaire, lui aussi est desséché !

(Elle va lentement vers le fond du théâtre. )

( L'électeur Frédéric, le duc Eric, le margrave- Albrecht , d'autres princes, chevaliers, et des cavaliers. )

UN CHEVALIER, à l'électeur, en entrant.

Voyez quelle horreur, seigneur!

24î LUTHER,

L'ÉLECTEUR, regardant autour de lui.

Quelle action abominable !

ALJÎRECIIT.

Tout est saccagé, pillé!...

L'ÉLECTEUR

Poursuivez ces misérables ; qu'ils n'échappent pas à leur juste châtiment!

(Un chevalier et quelques cavaliers sortent. ) ÉRIC.

Les superbes images! quel dommage éternel! {Montrant V image de saint Georges encore suspendue sur le grand autel détruit.) Ils n'ont laissé que cette image de saint Georges!...

ALBRECHT

Sans doute parce qu'elle était trop haute.

ÉRIC

Il semble demander : Pourquoi moi seul ici?... le bon Dieu doit le savoir ; cette image, mes enfans, est plus précieuse que plus d'un homme en réalité ; et ce saint Georges en peinture , je ne le troquerais pas contre l'empereur Charles-Quint vivant.

LÉLECTEUR.

Malédiction à ces infâmes destructeurs !...

ÉRIC

Gracieuses images, vous nous représentiez le bon vieux temps, qui au sein d'un monde vieilli veut renaître maintenant; mais qui renaît avec un bruit épouvantable , comme l'orage de l'autre soir ! N'ai-

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