LE PREMIER
L'électeur vient d'arriver à l'instant même à cheval, par la porte de la ville, entouré de beaucoup
Théâtre Allemand. l6
d'autres seigneurs et chevaliers. Si vous avez du
courage, nous sommes libres.
FRANÇOIS, saisissant Catherine et le glaive tourné contre elle.
Encore une fois seulement ce terrible oui!...
CATHERINE, les yeux leve's vers les ciel, les bras e'tendus, prête à recevoir le coup mortel.
Oui!
FRANÇOIS, se disposant à lui percer le sein.
Eh bien ! que ce soit là ton baiser nuptial ! ( Catherine fer me les jeux, François recule avec effroi , se précipite de l'autre côté de la scène et s écrie : ) Que vois-je ? un enfant !
UN ICONOCLASTE
Dépêchons-nous, il est en démence.
FRANÇOIS, le visage de'tourne' de Catherine et la de'signant .
Écartez cet enfant !
UN ICONOCLASTE
Où y a-t-il donc un enfant?
FRANÇOIS, regardant Catherine avec crainte.
Voyez comme il l'embrasse. Il lui présente une hyacinthe ! — Non ; un glaive redoutable! Ah ! dois-je égorger des enfans, moi qui autrefois combattais des hommes? Que ne puis-je plutôt atteindre de mes coups celui pour lequel je suis obligé de renoncer à mon ciel! Autrefois, je lui jurai une amitié éternelle : je suis victime aujourd'hui, il doit l'être aussi !
vIl se pre'cipite hors de le scène ; les iconoclastes le suivent. )