‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 161 sur 272 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

CATHERINE, avec élévation.

La femme n'est-elle pas charge'e d'un véritable sacerdoce? Elle purifie la victime, et doit y mettre le feu.

L'ARCHEVEQUE, étendant avec émotion les mains sur sa tête.

Que la bénédiction de Dieu soit sur toi !

LUTHER , étonné, montrant Catherine, et à part.

Quelle volonté pure ! Non , jamais je n'en vis une aussi pure et aussi forte ! ( Avec une grande émotion. ) Oui, femme, la bénédiction de Dieu soit avec toi ! et ce Dieu bénira par toi l'homme qu'il confiera un jour à ta garde.

(Le margrave Albrecht et quelques chevaliers entrent précipitamment. ) ALBRECHT.

La tranquillité est partout rétablie ; les iconoclastes implorent leur grâce.

LUTHER, le regard tourné vers le ciel.

C'est ton ouvrage, ô Dieu ! ( Aux princes. ) Dieu a été clément pour vous, rendez grâce pour grâce.

L'ÉLECTEUR

Que tout soit pardonné à ceux qui se repentent, et que la puissance suprême les rende meilleurs !

( Le margrave Albrecht sort. ) MÉLANCHTHON, entrant.

Que Dieu vous donne la force et la paix !

O mon frère ! et toi aussi, ô mon Dieu ! je le vois bien , tu ne veux pas me laisser succomber !

i6(> LUTHER,

MÉLANCHTHON, à l'électeur.

Voilà une lettre du chancelier Spalatinus , une lettre de paix.

LUTHER , le conduisant vers le cadavre de The'obald.

Viens, regarde ; il est là, mort.

L'ÉLECTEUR

Ah ! que vois-je ! l'excommunication est levée !

L'ARCHEVÊQUE

Louez le Seigneur; il commande à la foudre a ussi.

L'ÉLECTEUR

Tu le vois, Luther, nous aussi nous avons agi. Abandonnons-nous à la joie; laisse là ces regards de tristesse, et va recommencer le cours de tes glorieux efforts.

LUTHER, douloureusement.

Moi !

(Il tombe dans une profonde méditation. ) L'ÉLECTEUR.

Maintenant , ( à V archevêque ) évècjue , ne le pensez-vous pas aussi ? maintenant il serait temps.

( Montrant Catherine. ) L'ARCHEVÊQUE.

Faites ce que l'esprit divin vous inspire : le plus saint des sacremens , c'est l'amour, c'est l'oriflamme dans la lutte sacrée.

Moi, retourner à mes efforts ! Ah ! sans doute je

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