ACTE V, SCÈNE III
LUTHER, l'embrassant avec force.
Ah! mon appui, ma lumière !.. .
CATHERINE
Mon sauveur, ma félicité ! . . .
L'ARCHEVEQUE, décriant.
Le saint amour a triomphé de la mort !...
MÉLANCHTHON, à Luther.
Maintenant, tu nous restes !...
LUTnER.
Oui, mon cher frère Philippe, j'aime et je vis!... Venez, princes de l'Allemagne : par les débris de ces autels sacrés , par mon Théobald qui m'a laissé en héritage l'amour qui me consume, jurez-moi, par un noble serment de princes, d'aimer l'humanité dune flamme sacrée et pure, comme la Divinité m'aime, comme elle nous aime tous; jurez de réveiller la lumière du sein des ténèbres , de faire briller son éclat comme l'aurore matinale, dont les rayons étincelans pénètrent maintenant avec joie à travers ces vitraux bigarrés , et font pâlir la lueur de ces flambeaux funèbres.
( Les rayons du soleil levant e'clairent toute la scène. ) LES PRINCES, lui tendant la main.
Nous le jurons, foi de chevaliers !
Eh bien! je suis, je reste à vous; et je vous
Théâtre Allemand. \tf
donne, ce que vous avez regretté long-temps, la
liberté'!
LE PEUPLE, criant dehors.
Nous voulons voir notre père, nous voulons voir Luther !
CATHERINE, àpart, les yeux levés yers le ciel.
Tu m'as tenu parole, saint enfant; la fleur brille, le cep est en fleurs : l'une et l'autre en lui seul!...
UN CHEVALIER, entrant.
Le peuple pénètre avec impétuosité par les portes du cloître; étudians, bourgeois, mineurs, tous accourent au son des instrumens, ils veulent voir l'électeur, qu'ils appellent leur père , et Luther leur sauveur.
L'ÉLECTEUR
Laissez-les venir. {Le chevalier sort. — A Luther. ) C'est à toi que je dois ce bonheur !
LUTHER, suivi de Celherine, se rend au milieu des assisians.
Remerciez Dieu et écoutez-moi!... ( Une multitude de personnes de tout dge et de tout sexe , des bourgeois , des étudians , des mineurs , s' accompagnant dinstrumens de musique; des cavaliers entrent par torrens et forment un cercle. Luther, avec solennité:) Ce que Dieu m'a dévoilé un jour, je veux vous le rendre avec fidélité : J'étais encore moine lorsqu'atteint d'un mal mortel le prêtre me dit : Tes péchés te sont pardonnes ; et la mort s'éloigna de moi. J'essayai de fonder l'œuvre du Seigneur, mais