PROLOGUE
fant, un enfant chrétien, peut s'en moquer. Et celui qui est rentré dans les voies du Seigneur, qui a souffert les tourmens de la mort pour nous , peut avec une de ses larmes obtenir la rémission de tout péché et de toute malédiction. Ainsi donc, du courage, mes chers compagnons de misère; si mon récit vous fait répandre de pareilles larmes , ce sera un bonheur pour vous et pour moi : alors quittez ce pays , les ténèbres sont dissipées, la lumière brille dans vos regards, et jette ses rayons régénérateurs sur le pays d'Allemagne.
Mais vous, qui depuis long-temps êtes accablés sous le poids du crime , vous dès long-temps accoutumés à porter ce lourd fardeau, vous vous persuadez à vousmême que vous n'en sentez plus le poids; vous dites à celui qui semble encore effrayé et qui recule : « — Estu fou?» — et vous osez braver lesEuménides, pendant que vous êtes vous-même enlacé par leurs serpens! Ah! tandis que l'eau vous désaltère encore , que l'air vous rafraîchit et que la lumière vous éclaire, hâtez-vous, je vous le demande en grâce, et implorez à genoux le secours de Jésus , par la vertu de ses plaies! Faites-le au plus tôt, afin que vos larmes ne soient pas trop tardives ! O insensés , dussiez-vous me prendre moi-même pour un insensé, fuyez, je les connais, les puissances de la nuit.
Enfin vous qui , soit dans la paix du ménage , soit dans le tumulte des camps ( car partout le Sauveur retrouve les siens), avez conservé l'innocence d'un cœur pur et fidèle ,... et moi aussi j'eus un cœur fidèle et pur, et je l'ai perdu par les passions d'une vie fougueuse,... vous, dis-je, qui pouvez librement vous présenter aux regards de Dieu et des hommes , et qui n'avez à vous