‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 209 sur 272 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ELVIRE, IERTA.

( Elvire , qui voulait suivre Hugo , s'arrête et revient en arrière. ) IERTA.

Ne descends-tu pas au-devant de mon frère?

ELVIRE

Je ne le puis. Les paroles de mon fils ont flétri ma joie; elles m'enchaînent à cette place.

IERTA.

Pauvre sœur! je te comprends. Cet enfant plein de douceur et de grâces te rappelle tes fautes , et sa présence est un reproche.

ELVIRE

Je ne le vois pas sans douleur et je ne puis me passer de lui, je désire qu'il s'éloigne et je le retiens dans mes bras. Que serait un hymen sans enfans! Hugo l'aime comme un père. Dans cet aimable enfant, il voudrait trouver le fils que la nature nous refuse; mais l'enfant n'aime que moi; une voix secrète l'avertit qu'Hugo lui est étranger, et une force invisible l'attire vers sa patrie.

Mon fils est entre nous comme une muraille entre deux flammes ; au-dessus de la barrière qui les sépare, elles s'unissent et s'élèvent dans les airs, mais elles ne seront jamais entièrement confondues.

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