‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 225 sur 272 · ACTE II. SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE IV

briser; son innocence inquiète cherchait une garantie qui remplaçât celle qu'elle avait perdue; elle a couru vers toi pour te la demander.

ELVIRE

Ah ! si tu disais vrai ! Mais je n'ai plus voulu l'entendre; furieuse, je l'ai repoussée de mes bras. Si en effet elle ne savait pas

HUGO

Et si elle avait voulu te tromper jusqu'à présent, pourquoi te parlerait-elle aujourd'hui ?

ELVIRE, se rapprochant de lui

Hugo !

HUGO

Eh bien ! cède à tes transports. Je les connais ces passions furieuses, nourries des feux du Midi; elles donnent la mort quand la jalousie les excite., . Prépare le poison ; tu en as sans doute : je saic que tu es fidèle aux coutumes de ton pays.

Perce-moi du poignard que tu portes à tes côtés ; je veux bien périr dans tes bras; et, pour me posséder sans partage, presse ma blessure de tes lèvres; épuise et mon sang et ma vie, comme le jeune enfant se nourrit du lait de sa mère.

ELVIRE, tremblante.

Hugo ! pourras-tu me pardonner ?

HUGO

Je te plains ; je me plains moi-même.

ELVIRE

Ierta me pardonnera-t-elle ?

Théâtre Allemand. 2i

HUGO

Elle te pardonnera sans effort, car elle n'a jamais failli. Elle peut lever la tête et mépriser le soupçon.

Quant à nous, pouvons-nous croire à notre fidélité'

(à demi-voix) quand nous regardons en arrière ?

ELVIRE

Hugo!... Quel souvenir viens-tu de rappeler? L'épouse de Carlos osa t'aimer ! Aussi la tienne sera toujours en proie à ses fureurs jalouses.

HUGO, dune voix sombre.

Aujourd'hui! Oui, oui, ce jour est maudit!

ELVIRE, avec inquiétude.

Aujourd'hui! Que veux-tu dire ?

HUGO

As-tu pu oublier? c'est aujourd'hui.... qu'il s'est tué.

ELVIRE. Elle se cache le visage.

0 Dieu tout-puissant !

(Les flambeaux s'éteignent, et le the'âtre reste dans l'obscurité'.)

As-tu oublié encore, comme dans cette chapelle.... nous nous parlions en confidence sur le tombeau de tes parens, et pendant les funérailles comme nos plaintes hypocrites déguisaient mal la joie de nos cœurs?

ELVIRE

Arrête, tu me fais mourir !

HUGO. Après un silence , il dit d'une voix étouffée et ensuite avec terreur.

S'il revenait , s'il nous apparaissait à cette heure

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