‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 227 sur 272 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les précédens; VALEROS entre; il tient par la main OTTO , qui porte un flambeau.

IIU G O. Il s'est tourne' avec lie'sitation vers la porte, et fait quelques pas de ce côlé ; il s'écrie avec terreur :

C'est son ombre !

VALEROS, s'arrêtant avec surprise

Comment ! {A Otto. ) Tu te trompes de chambre , mon enfant. Est-ce ici ?

ELVIRE, le regardant en face.

Don Valéros.

HUGO

Qui?

ELVIRE

Le père de Carlos.

VALÉROS.

Vous me reconnaissez ?

/l90 L'EXPIATION,

ELVIRE

Oui, c'est vous; excusez. Nous étions....

VALÉROS.

Pardonnez à mon impatience, à celle de l'enfant que je n'ai pu contenir quand il a su qui j'étais.

Mon arrivée inattendue vous a effraye'e ; vous m'avez pris pour un fantôme; donnez-moi, je vous prie , la main pour vous assurer de mon existence. ( Elvire baise sa main avec tendresse , il V embrasse avec émotion. ) Ma fille ! ( A Hugo.) Vous me voyez aujourd'hui pour la première fois, et cependant je salue votre e'pouse du nom de fille : son témoignage et cette lettre de l'ambassadeur d'Espagne vous assureront que j'en ai le droit.

HUGO, prenant la lettre sans de'tourner les yeux qui restent fixe's sur le visage Je

Valéros.

Eh ! que faut-il de plus pour vous faire reconnaître, que cette étonnante ressemblance avec Carlos?

Elle est tout, tout ce qui reste de mon fils. (Après une pause.) Vous, monsieur le comte, vous avez recueilli l'héritage des plus précieux de ses biens: vous êtes l'époux de sa veuve, le père de son fils; leur amour vous appartient. Moi, je suis resté seul; n'est-il pas juste que le pauvre vienne demander au riche quelque part de ses trésors?

HUGO, lui donnant la main.

Soyez le bienvenu, chevalier.

Page 1