‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 257 sur 272 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

HUGO

Non , non : ne vous l'ai-je pas dit ? ma destinée est écrite sur le firmament, elle est soumise à l'influence de cinq constellations; le taureau, les jumeaux, la vierge, le sagittaire et le scorpion. Écoute : j'ai calculé pour moi seul, sans me confier à personne, les rapports de mon étoile avec le soleil, aux grandes époques de ma xie , quand pour la première fois je connus Carlos en Andalousie ; quand je le sauvai au combat du taureau ; quand je commençai d'aimer sa femme : et toujours le calcul le plus exact.... Ce n'est point un hasard frivole.... La nature ne m'a point fait criminel ; mais toujours une fatale influence m'entraîne vers des dangers plus forts que ma vertu. Ils sont insensés ceux qui interrogent les astres pour surprendre les secrets de l'avenir; l'esprit de l'homme ne peut les comprendre; mais rappelons-nous le passé , et si l'expérience nous a fait connaître les heures qui nous sont fatales y méfions-nous de leur influence.

IERTA, à part.

Terrible puissance des remords î Tu troubles aussi la raison ?

HUGO

Et pourquoi ces signes célestes sont-ils précisément au nombre de cinq ? — nombre mystérieux !

le pair et l'impair Le bien et le mal qui luttent

dans l'âme de l'homme. Aujourd'hui encore le soleil rencontre dans le firmament l'étoile de ma vie , comme aux autres époques fatales. — Laisse-moi.

IERTA, avec un sourire triste et compatissant.

Eh bien ! soit. Demain comme aujourd'hui tu sentiras que ton devoir est d'agir et non pas de rêver. Je vais préparer ton départ.

Page 1