SCÈNE VIL
Les pre'ce'dens, ELVIRE sans voile.
ELVIRE. Elle passe derrière Vale'ros , qui est à la gauche d'Hugo; elle repousse Valéros, et, se plaçant devant Hugo , elle lire un poignard de sa ceinture.
Insensé' ! veux-tu le tuer sans défense ? Viens à moi, ma main est armée : depuis le jour où je commençai de l'aimer, je n'ai pas quitté ce poignard, réservé pour celui qui tenterait de nous séparer!
HUGO. Pendant qu'Elvire a parlé, ses yeux ont été constamment fixés sur le poignard qu'elle lient élevé.
Oh ! demeurez en paix ; vous n'entendez rien à de telles actions : ne voyez-vous pas que vous ne pourrez les accomplir avec ces armes. La main de
l'homme tremble au moment d'enfoncer le poignard dans le sein de son semblable; la terreur «lace son sang; son bras reste sans force , et l'œuvre demeure imparfaite.
Voulez-vous mieux réussir? prenez une arme à feu; sans approcher du but vous pouvez l'atteindre: la colère vous transporte , vous armez le fusil , cependant vous êtes encore irrésolu. La pensée du meurtre vous sourit; mais la chance est incertaine, le coup peut ne pas porter : si vous étiez sûr du succès, vous jetteriez loin de vous l'arme fatale ; alors le démon vous dit tout bas: a L'atteindras-tu? » Il entraine la volonté chancelante; la main tremble, le coup part, et la victime frappée de loin tombe et meurt. Oh ! ruse de l'enfer!
ELVJRE. Elle s'est e'loigne'e et a rerais le poignard dans sa ceinture.
Qu'allais-je faire ?
VALERO S. Il a remis l'épe'e dans le fourreau. A part, r
Où m'entraînait l'empire du moment ?
HUGO, moins abattu, mais sans fierté.
Vous le voyez, tel est l'homme! Pleurez donc sur vos frères tombés, mais ne les condamnez pas sans pitié !
VA LÉ R OS
Dieu tout-puissant! cette leçon ne sera pas perdue pour mon cœur. (77 s'approche d'Hugo , et dit d'un ton solennel : ) Mon fils, je révoque la malédiction dont je t'avais chargé ! Et si la malédiction d'un père est irrévocable comme les sermens jurés