ACTE II, SCÈNE II. i?.i
berg, nous nous sommes jetés à ses pieds, et l'avons conjuré, mais en vain.
CATHERINE
Il est donc parti ?
FRANÇOIS
Il s'est élancé dans sa carrière. Nous tremblions en lisant dans ses regards. Dieu m'appelle , s'écriat-il ; je pars pour atteindre mon noble but. Tenant d'une main sa flûte, et la Bible de l'autre, il franchit la porte de la ville : le jeune enfant qui est avec lui marchait devant. Nous ne pouvions pleurer , nous ne pouvions que fixer nos regards vers le ciel.
Il sait donc qu'il va mourir?
FRANÇOIS
Il le dit lui-même.
CATHERINE, avec joie.
Et cependant il part!... L'entends-tu, Thérèse? c'est lui , oui , c'est lui; je l'ai trouvé, te dis-je.
THÉRÈSE
Est-ce bien le véritable ?
CATHERINE
Oui; et dans la région des esprits son empire est tout-puissant.
FRANÇOIS
Adieu ! prie le ciel qu'il te pardonne le péché que tu as commis, en outrageant le martyr de la vérité : moi je cours le rejoindre.
CATHERINE, lultant fortement avec elle-même.
François !
FRANÇOIS
Je ne puis m arrêter plus long-temps; je vole sur
ses pas.
( Il veut sortir.) CATHERINE, le retenant avec force.
François! eh bien, souffre que je t'accompagne.
Quentends-je ?
CATHERINE
Je veux voir ce mortel, voir trembler devant lui les dieux de la terre , le voir mourir, et...
FRANÇOIS, avec une surprise toujours croissante.
Quelle subite me'tamorphose !
CATHERINE
Épargne-moi les questions. ( D'un ton très-caressant. ) François ! mon cher François ! cette fois seulement, aie pitié' de moi ! François, pardonne-moi ! je ne suis pas une sainte. Pardonne-moi si j'ai blasphème , outrage ; je ne suis qu'une femme , qu'une faible femme. C'est à genoux que je t'implore : laisse-moi te suivre.
( Elle veut tomber à ses genoux ; mais François la retient. ) FRANÇOIS.
Ce miracle t'appartient , saint défenseur de la foi ! la grâce triomphe ! Mais ta résolution est grande ; comment l'exécuter? A la diète, une femme!