‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 70 sur 272 · ACTE II, SCÈNE II. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. i

CATHERINE, avec rapidité.

Il me vient une idée; ah! c'est le ciel qui me l'inspire ! Il y a peu de jours deux pèlerines sont mortes ici, revenant de la Terre-Sainte : leurs liabits sont restés au cloître ; ils nous déroberont aux yeux de la curiosité. Viens ; il s'agit de sa vie , viens !

FRANÇOIS

Avec quelle magique puissance tu m'entraînes!

C A T H E R I N E , avec une impatience mêle'e de joie,

Tu me permets donc de partir avec toi?

FRANÇOIS

Tu décides de ma destinée; puis-je résister?

CATHERINE

Fidèle ami!... Mais encore une prière : jure-moi sur ton glaive, qui est une croix aussi, de ne pas me trahir auprès de Luther , de ne pas me nommer à lui. Ah ! je succomberais à la honte de rougir devant lui.

FRANÇOIS, posant la main sur son glaive.

Je le jure!

CATHERINE

Même à l'heure de sa mort, tu ne le lui révéleras pas; qu'un jour je n'aie pas à rougir devant lui , dans les cieux : me le promets-tu?

FRANÇOIS

Oui , fille admirable ! je t'obéis.

CATHERINE, le saisissant par la main.

Eh bien ! viens donc. ( Avec confusion à Thérèse qui pendant ce temps n'a cessé de la regarder fixement. ) The'rèse !

THERESE , faisant éclater une douleur profonde.

Tu renonces au Sauveur ?

Non , je m'approche de lui ! Ne me regarde pas ainsi... je ne puis le supporter... Puis-je faire autrement?... Viens., François ! suis-moi !

THÉRÈSE, avec douleur.

Eh bien! foule-moi sous tes pieds.

FRANÇOIS

Il faut partir.

THERESE, se de'barrassant des bras de Catherine.

Il faut encore que je prie !

CATHERINE, avec trislesse.

Et moi, je ne le puis.

THÉRÈSE, s'approcbant de ses fleurs.

Fleurs célestes, dites-moi, dois-je partir? Vous murmurez ; je crois vous entendre dire que je le dois.

( Elle reste plonge'e dans une profonde rêverie. ) CATHERINE, regardant les fleurs avec une grande tristesse.

0 mes chères hyacintes !

THÉRÈSE

Oui, les tiennes brillent parmi les immortelles;

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