ACTE III, SCÈNE II. iH
puissance ne cesseront pas de me proléger ! [Après une courte pause. ) Cependant toujours les mêmes obscurite's. ( Portant la main sur son cœur. ) Serait-il possible que je me fusse mépris comme un insensé ? Cette voix intérieure , n'était-ce pas le démon qui la faisait retentir dans mon cœur ? serait-ce lui qui, par une affreuse dérision, m'aurait fait accroire que je suis devenu ton serviteur dévoué ? Aurais-je lutté en vain , et n'aurais-je fait que blasphémer? S'il en est ainsi, que j'expie ma faute dans les flammes, ô source éternelle de miséricorde ! Mais , de grâce , que le noble peuple germanique, pour lequel j'ai lutté, souffert et combattu , ne soit pas souillé de mon sang ! que le pape le soit! [Avec beaucoup de chaleur.) Dissipe, ô mon Dieu, les ténèbres qui environnent mon coeur.
( Il tombe la face en terre ; la porte du milieu s'ouvre , on voit lemare'cha' , The'oLaM et Jean. )
LE MARÉCHAL, appelant.
Luther !
(Théohald joue sur la flûte le commencement du chant : Le Seigneur notre Dieu est un fort redoutable. )
LUTHER, après avoir attentivement e'coute' l'air , se lève ,etdil avec joie :
Ah! je revois la lumière; je retrouve et mon courage et mon Dieu ! Disparais , noir démon ! mon Dieu fait luire de nouveau sur moi des rayons bienfaisans, et tes vils complots seront déjoués sans retour ! Tu peux anéantir mon corps , mais ta perte n'est pas moins certaine, Dieu est avec moi! Amen* 11 est pour nous un fort redoutable !
(Il sort par la porte du milieu ; les autres le suivent )