‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnol (volume 2)Chapitre 28 sur 103 · LI8ARD · texte numérisé non relu

LI8ARD

Hëlas! maudites soient et l'occasion et l'espérance ainsi perdues!

. , Lisardo et Libio sortent.

LIDORO, 4 don FMÎX.

Je vous arrête ainsi que ces damas, qui sept « a » a o » si je m:W* trompe, que vous avez traîtreusement .tiré l'épée contre un masque, lorsque tous, se fiant à une loyauté mutuelleV^ronJ aan* -tuuea,

TRISTAK*

Si ce n'est qu'ils portent chacun deux ou troi» p i fio tasv • - ./

1 Calderon, qui avait tire du Don Quitkêttê nn* aomédie malheureusement perdue, ne manque jamais l'occasion de rappeler d'une manière AatLeua* F immortel rcpnan jie Cervantes. '*'"',

* Cet appel à la force publique se dit et espagnol favor al rey, et comme le mot favor pris absolument signifie une marque d'amour, un petit ppiaont Qjafnae.femjna donne à un homme, en on mot une faveur, Flora dit dans le texte : « On raconte qu «n semblable circonstance une dame donua un rabftn verVpour qu'il ftt porté a» .roL» fous avortât reaonetr I ift êê M* tom f a uwrt » - . •■; " " t ' • ■ ^ ,

dora skrafina, à don Félix.

De grâce, cavalier, moi qui vous dois déjà l'honneur, que je tous doive aussi la vie. Je cours le plus grand danger si l'on me reconnaît.

DON FEUX

Vous excuserez mon ignorance, seigneur, en apprenant que j'arrive k l'instant même à Milan.

TRISTAN

Si bien à l'instant, que nos chevaux ne font que de s'en aller sur parole.

Ces dames me sont complètement inconnues, et je n'ai mis l'épée à la main que pour les défendre contre une lâche violence.

LIDORO.

Cela ne suffit pas pour que je vous ronde la liberté à . vous et à elles.

DON FÉLIX

Pour moi, cela m'est à peu prés indifférent ; mais pour ces dames, je ne souffrirai pas que vous les emmeniez.

LIDORO.

Comment pourrex-vous l'empêcher?

DON FÉLIX

Vous allez voir. {A dota Serafma et à Flora.) Veuillez vous retirer, mesdames ; je reste ici pour protéger votre fuite.

DORA SERAFÎNA.

Je puis à peine me soutenir. v

FLORA

Venez, madame, car pour fuir on a toujours assez de force. -

TRISTAN

Si vous rencontrez deux chevaux de poste, dites-leur de ne pas s'en aller.

Dofia Jtarafina et Flora sortent DON FÉLIX.

Personne ne les suivra tant que je serai vivant. «

LIDORO.

TuezHnoi cet audacieux.

TOUS

Tuons-le I tuons-le!

lk se battent.

DON FÉLIX

Maintenant qu'elles ont gagné le large..»

TRISTAN

Comme nos chevaux»..

DON FÉLIX

Défendons-nous, Tristan, en nous adossant au mur de ce palais.

: JOURHËB I, SCÉNK Vf. , /«

Entrent LE PRINGE, suivi de valets qui portent deéHawfrea ui , et de rentre

6^ LISAftlX) en habite de ville,

LB PRINCl.

Abaissez ces flambeaux. — Que se passe-t-il donc idT Comment ose-t-on poursuivre un homme jusque dans rat maison, quel que soit son crime?

lisardo, à part.

On ne me reconnaîtra pas, maintenait que je n'ai plus mon déguisement, et ma présence fera tomber tous les sotrpconl.

LE MUNCB.

Eh bien?

lidocro.

Seigneur prince d'Urbin, personne n'a plus k coràr que moi de vous servir; mais souvent les événemens sont plus forts que nous. Cet homme a commis un délit des plus graves en manquant aux égards que Ton doit aux masques ; et ce qui le rend plus coupable encore, c'est qu'il s'agissait d'une dame qu'il aura sans doute reconnue sous son déguisement. En le poursuivant jusque sur le seuil de votre palais, je n'ai pas songé aux immunités qui l'y prêté* geaient; pardonnez-le-moi, et que votre palais soit désormais peur lui un asile sacré.

don rfux.

Un moment, monseigneur; puisque mon bonheur m'a valu votre protection si précieuse, je tiens à né point paraître coupable a vos yeux, et à vous convaincre de mon innocence. Je ne connais point cette dame, et j'ignore quels rapports l'unissent a un nomme* qui, à la faveur de son déguisement, voulait l'enlever par force ; et si je suis intervenu, c'est que j'ai entendu ses plaintes, et qu'elle m'a dit ensuite, avec une vive douleur, qu'elle était perdue si on la reconnaissait. Vous me croirez sans peine lorsque je vous aurai dit que je suis étranger, et lorsque vous aurez lu cette lettre que je dois donner à votre altesse.

v TRISTAN.

Et si cette lettre ne suffit pas , vous n'avez qu'à le demander à nos deux chevaux de poste, qui viennent de décamper c om m e deux masques.

LE PRINCE

.De qui est cette lettre?

don fAuz.

Du duc de Parme.

i* paincb.

Je ne pouvais pas la recevoir dans un meiUeuc moment, et je tiens à la lire en public, afin que la vérfté en ressorte aIus nette et plus vive pour tout le monde. {Aux valets.) Approchez les flambeaux. (Il lit.) « Mon cousin et seigneur, comme en apprenant votre » heureuse arrivée en Italie je ne me trouve pas dans un boa état

- #« BONIftUll RT MALHEUR MJ NOM.

» 4k Mté» j*i» pi»it aller en personne vous premier me» cem- » pliment de bienvtnue et mes félicitations sur vos succès ; c'est » pourquoi don César FarruWe..,*

USABJDO, à part.

t.. Qu'aijê. Wtea4ul

lidoro, à part.

Quel bonheur 1 .,. ,. . . J*?RW<«, lisant. .

« Mon purent et, mou secrétaire,., »

UPORQ, à part.

L'agréable nouvelle !

lisàruq, <* part.

.„ Qtplt*ni|U

: ... I* ?*WCU» lUa+t.

•Yi f» UM>U vom vous, cendre visite. . . »

usiRDç, djwr*.

. QfteJle rage «»M a mfenuel w g* prince, Miont

*. «Et |1 me rapportera le& nouvelles que je désire «voir 4« Yûus et

^^wtrawafom,»

lisardo, à part.

Ce don César est le meurtrie* <U mon frère.

. w wftc*, Ktattf , ...

. jl JHw /VW« §ar4fc Voke cousin; et aini, i* un*} de Par**. »

Wdoro, d parf, Que je «tf* v*« 4u ta voiri

;. 9« Y*e «M \pu>rcr«Ju ,

, I*?RM|«,

-, , M *W 4P ne n€ W plut reconnaissait jeuvers le duc de son attention; ej j'eu suis d'autant pju* fla^eS q\\e c'es* vous quj m'apportez sa lettre. . .

Wipfux.

, . 4e U**PWft P*«Wtaff une p*lua §*o?ieu#e faveur- que de me

LE PRINCE

Vous devez être fatigué, f* l§>qutjelle que vous avez eue en mettant pied à terre n'a pas dû vous refaire.

Ni moi non plus. • *

ts prince.

"ÂAeifotÉ reposer. (A .W&wto.j Véfflei; Gelio/àéé que don CéttT doit fefjé près de mot. •' ' •

"-' ■*" *■''■ "''■■■ % ti9àtàiO t d part.

II ne 1*e manquait plus* que d'être obligé de le servir! (;4 don ïé#àt.)+9tm,}#votn logerai dans ma mftiêon.

JOURNÉE I, SCÈNE lf. " % 95

lïqoro.

Non pas! don César n'ira pas avec vous.

lisardo, à part.

Est-ce qu'il soupçonnerait quelque cfoQse? (AM.) Pourquoi

cela? ' , . .

LIDORO.

Parce qae, si je mérfte ce bonheur, je, sçrajft flatté que, 4QP César acceptât ma maison. Je tâcherais de le dédommager de Tennui que je lui ai causé, et il aurait en moi un homme tout dévoué à ses ordres. Son père «t mai, nous avons été^ intimement liés; dans une occasion, je lui ai dû la vie et l'honneur, et je voudrais, autant qu'il est en mon pouvoir, en témoigner' ma reconnaissance à son fils.

"* LE PRINCE

Je suis flatté, seigneur TJdoro, qu'un homme à' qui je porte tant d'amitié et d'estime ait le tymheùr d'être votre h^te.

Je W trouve point <fo paroles pour «prit**? t*W \** penUqwns q 4 uetant.d'|i^ûe.urm'jn«pvê. . ..

À4ien»tdm#l »'. ■ . . . ..

DON VÉUXè

Je prierai votre altesse 4q m.9 fléû^cfoer le plus tôt possible, car je ççaip* 4e faire hm *H WWW ** <!".©• - r >. ■■ .

1JIMUKCB. * ■■',-■

J*oo veux pa* voua laisser repartit a* fMrontptevMBt. Ces* .une époque ofc 1* séjour de Milan est-fort aajriinnle aoi étrangers} et tous vous y amuserez, si toutefois le déplaisir que tous avei eu ne tous a flo»* dégoûté dn nos fêles. \Âu* uo/etir) tidaimi à don César et à Lidoro jusqu'à ce qu'ils soient rendus chez eux.

Mawrt.

LIDORO. ' s .. %'.■■.

Veuillei me suivre, seigneur,

LM4RDQ, £ JMIf U

Quel nialheur est le mien ! Celui qui a tué mon frère est le même qui entrave mat «mouit et qui va devenir l%6fte de oeBe que j'aime. Mais ne désespérons pas au moment où je tien* ma vengeance.

Il sort.

.. , . -. .TWSTAJJ. .

Tout en allant profiter de l'heureuse aventure , ne serait-il pas bien, sjàg u e u t y fli nous oceuper, pour Ater ce soin au* autres, de ce

que sont devenus nos chevaux ?

DON FÉLIX

Que veux-tù, in)héçile, qu/tys 8^ûen,tdeyenu$? Le garçon d'écurie s'en sera chargé. • '

TRISTAN

Pourra qu'il ne se soit pas aussi chargé de nos valises ! c'est ce qui m'inquiète.

LIDORÔ.

On les retrouvera demain. —Voici ma maison, — qui, à compter d'aujourd'hui, est la vôtre. (Appelant,) Flora 1 de la lumière! {Aux valet $ qui raccompagnent.) Vous pouvez vous en retourner; voici qu'on descend m'éclairer.

Les talets s'en voot.

Entrent DOSA SERAFINA et FLORA.

DOHA SBRÀFINA, 4 LidOTO.

Soyez le bienvenu, seigneur... On m'avait dit qu'on s'était battu près d'ici, et sachant que vous étiez par là , j'ai eu peur. Mais je croyais que vous étiez seul, et...

LIDORO,

Le cavalier que vous voyez, ma fille, est le seigneur don César Farnèse, qui veut bien nous faire l'honneur de devenir notre hôte , - et à qui j'ai mille obligations dont je conserverai éternellement le souvenir. Mon bonheur a voulu que je l'aie rencontré dans la rixe qui vient d'avoir lieu. Il avait pris la défense d'une dame qui avait imploré sa protection afin sans doute de n'être pas reconnue par son mari ou son père.

DONA 8ERATINA.

Il y a des femmes qui sont nées pour tout brouiller; et cette aventure pourrait avoir de fâcheux résultats. (A don Félix.) Soyez le -bienvenu, seigneur cavalier, dans une maison où tout s'empressera à voire service. Je réclamerai seulement votre indulgence.

TRISTAN

On dirait plutôt la fin d'une loa * que la fin d'une journée. '

DON FÉLIX

Mon malheur s'est changé en bonheur, et j'étais aussi loin de m'y attendre que de le mériter.

DONA SBRÀttNA.

Que te semble, Flora, que mon défenseur soit devenu mon hôte?

FLORA

le pourrais à ce propos vous raconter une histoire curieuse ; mais ce serait trop long.

DON FÉLIX

As-tu jamais vu, Tristan, une beauté plus rare et plus accomplie?

TRISTAN

Très-souvent 1 , mon seigneur, et je vous fe^tfouverais par un conte, si c'était le moment.

1 Une loa est le prologue qui précède les autos on pièces sacrées. A la fin des loa$, comme à la fin des comédies, le poète réclame (FooJiaafre l'indulgence des spectateurs.

LIDORO.

Donne-moi la def de cet appartement-ci, Flora. {A don Félix,) Venez le reconnaître. Vous le trouverez bien étroit et bien modeste; mais dans ma volonté il est spacieux et magnifique... Oh! comme nous allons causer ensemble de votre père, crue Dieu ait!

# H fort.

TiusTÀN, à don FéUœ.

Eh bien! qu'attendez- vous?

DON FELIX

Je suis comme enchatné ici par une force supérieure.

DOJU.SBRAFINA

Viens, Flora.

FLORA

Qu'avex-vous t

DONA SKRAFBCA.

Je ne suis pas encore bien remise de mon trouble.

Flora, à Tristan.

Jésus t comme ils ont peine à s'éloigner !

TRISTAN

Si nos chevaux eussent fait de même, on les aurait aisément rattrapas.

DONA SERAFINA

Pourquoi donc, seineur cavalier, ne suivez-vous pas mon père?

: iS î , 1 T don feux.

J'attends que vous tous en alliez la première, ne voulant pas vous tourner le dos.

DONA SERAFINA

Je sais que vous aimez mieux protéger la fuite des autres.

DON FÉLIX

Ainsi l'a voulu le bonheur de mon malheur..

Eh bien ! croyez... mai» non, je me tais. Allez avec Dieu.

DON FÉLIX

Le ciel vous garde !

DON FEUX 0l DONA SIRAFINA.

La fortunée disgrâce 1

JOURNÉE DEUXIÈME

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