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gouverneur qui m'a fait appeler pour une affaire importante, une
lire d'honneur, laquelle m'a empêché de venir plus tôt, et m'o-
lige à vous quitter à l'instant. Je suis chargé d'arrêter à Milan un
|pmme sur lequel je voudrais mettre la main, dût-H m'en coûter
it ce que j'ai, et je ne sais de lui que son nom.
DON FÉLIX
Nous pouvons sortir ensemble dès qu'il vous plaira; car je suis moi-même obligé d'aller chez le prince.
LIDORO.
Qui est ce cavalier?
DON FÉLIX
^ C'est un de mes amis, seigneur, qui est venu à Milan pour affaires, M qui, me sachant ici, m'a fait l'honneur de me venir voir. [A don tésar.) Approchez, don Félix.
LIDORO.
Qu'ai-je entendu? Il s'appelle don Félix?
DON FÉLIX
Oui, seigneur.
DON CÉSAR
Excusez-moi de ne vous avoir pas baisé la main avant de vous être présenté par don César.
lîdoro, à part.
Je dois remplir mon devoir. {A don Félix.) Quel est le nom de famille de votre ami don Félix ?
DON FÉLIX
11 se nomme don Félii Colona.
LIDORO.
Don Félix Colona?
DON FÉLIX
Oui, seigneur ; d'où vient votre étonnement ?
LIDORO.
Se suis fâché de l'avoir entendu nommer.
DON CÉSAR
Quoi l vous n'aimez pas que je porte ce nom?
LIDORO.
Il est vrai; j'aurais donné beaucoup pour vous trouver ce matin; je ne donnerais pas moins en ce moment pour ne vous Avoir pas trouvé.
Que vous fait mon nom, seigneur?
lîdoro, à don Fëliw.
Je ne sais comment vous dire, don César , que mes devoirs , ma vie, mon honneur, veulent que j'arrête votre ami, et c'est pour cela que je suis peiné de le trouver chez moi avec vous.
DON FÉLIX
Quoi! vous vwilez arrêter don Félix ?
ti§ BONHEUR ET MALHEUR DU NOM
UDORO.
Oui.
DON CÉSAR
Moi! et pourquoi?
UDORO.
Ne faites point l'étonné; car vous savez mieux que moi si vous ayez ou non escaladé la maison d'un vieux gentilhomme et enlevé sa fille en tuant un écuyer à elle. Le duc de Parme vient d'en écrire au gouverneur, afin qu'on vous arrête, vous et la dame, qui se nomme doua Violante et qui est fille du seigneur Aurelio. {A don Félip.) Ainsi vous reconnaîtrez que je ne puis pas faire autrement que d'arrêter votre ami.
don césar, à part.
Quelle rencontre inconcevable ! C'est don Félix qu'il cherche, et non pas moi !
don méLix , à part.
Est-ce que c'est moi par hasard qui aimais dona Violante ?
don césar, à part.
N'est-ce pat pour me perdre qu'elle dit faussement-que j'ai voulu l'enlever?
don fblix , à part.
Et moi, comment puis-je avoir commis ce crime ?
Udoro, à don César. • Que dites-vous?
don césar.
Je dis, seigneur, que je n'ai enlevé aucune dame, et qu'on vous a trompé.
UDORO.
J'en serai charmé. Cependant rendez-vous à moi , et sans couru* aucun risque vous serez ici mon prisonnier.
DON FÉLIX
Songez, seigneur, que c'est par erreur et injustement que l'on accuse don Félix.
DON CÉSAR
On se sera trompé de nom.
udoro, à don César.
Êtes-Tons don Félix Colona.
DON CÉSAR
Oui.
UDORO.
Y a-t-il à Parme un autre cavalier qui se nomme comme vous ?
DON CÉSAR
Non.
UDORO.
Eh bien ! c'est vous que l'on m'a désigné. Mais ne craignez rien ; il suffit que vous soyez avec don César, pour que j'aie pour vous
tous les ménagemens compatibles avec mes devoirs. Nous arrangerons l'affaire à l'amiable. Pour être intendant de la justice, je n'en suis pas moins cavalier, et je sais que ce sont de nobles fautes que celles que l'amour fait commettre. Dites-moi donc, je tous prie, où est cette dame ; j'irai la chercher, je lui offrirai ma maison pour asile, et j'espère que mon entremise ne sera pas inutile à votre bonheur. ,
DON CÉSAR
Il n'est personne , seigneur, en qui ma confiance fût mieux placée qu'en vous; et si je savais où est la dame dont vous voulez parler, vive Dieu 1 je vous le déclarerais sur-le-champ. Mais je vous le répète, vous êtes dans l'erreur, et don Félix n'a eu aucune aventure de ce genre.
LIDORO.
S'il y a erreur, comme vous l'assurez, je vais m 'efforcer de le découvrir. Cependant, si je ne dois pas vous arrêter, je ne puis pas non plus vous laisser libre. Attendez-moi là tous deux. [A don Félix.) Je vous confie votre ami, vous m'en rendrez compte. Je vais de ce pas mettre la police en campagne, et j'espère que bientôt elle m'aura trouvé cette dame.
Ufort.
DON CÉSAR
Comprenjez-Yous rien, don Félix, à ce qui nous arrive?
DON FÉLIX
Je serais fier de ma sagacité si je pouvais y deviner quelque diose.
DON CÉSAR
Que j'aie pénétré dans la maison et enlevé sa fille, passe encore; mais que je sois don Félix et que j'aie enlevé dona Violante, voilà ce que je ne puis m'expliquer.
Et je ne m'explique pas davantage qu'on me traite aussi bien me prenant pour don César, et qu'on vous arrête comme don Félix.
DON CÉSAR
Quoi! c'est à ma considération qu'il vous traite aussi bien?
DON FÉLIX
Oui ; il a voulu absolument que je logeasse chez lui, parée qu'il m'a cru don César.
DON CÉSAR
Et moi, il m'arrête parce qu'il me croit don Félix!
DON FEUX
Entrons là, où nous pourrons causer plus à notre aise, et tâchons de pénétrer comment lorsque je suis si bien traité sous votre nom, vous, vous êtes arrêté sous le mien. —Il faut que cela tienne au bonheur et au malheur du nom!
fit BONHEUR BT MALHEUR DU MOU,