SCÈNE II
Une nie de XUan.
Entre LI8ARDO,
LISARDO.
11 y a assez long-temps que j'ai jeté ma lettre dans l'appartement de don César, et il était chez lui, si je ne me trompe... Nom verrons s'il vengera dona Serafina, ou si je me vengerai d'elle et de lui... 11
tarde bien à paraître, et j'ai beau parcourir ia rue en tous sens, je ne le toîi point Tenir; bien que j'espère de aa noblesse et de son courage qu'il ne manquera pas au rendez-vous.
Entrent DON FÉLIX et TRISTAN.
DON FEUX
Retourne à la maison, Tristan; et vire le ciel) songes-y, si ta t'obstines à me suivre ou si tu parles, tu es mort.
TRISTAN
Vous savez, seigneur, que je suis un modèle d'obéissance, surtout en pareille occasion.
DON FÉLIX
Eh bien ! va-t'en au plus vite.
tristan, à part.
J'ai besoin ici d'invoquer mon honneur... Que dois-je faire, lorsque je sais qu'il va se battre pour un autre, — comme si maintenant on pouvait se battre de même qu'on se marie, par procuration ♦ La première chose que j'ai à faire, c'est de ne pas me trouver là bas avec lui ; la seconde, c'est de raconter la chose à qui pourra l'empêcher d'aller plus loin ; — et je m'acquitterai ainsi de mes obligations.
il ton.
lisàrdo, à part.
Le voilà seul. Je n'ai jamais douté de son courage.
don Félix, à part.
Pour voir le lieu où il m'attend, relisons sa lettre. (Lisant») « Bien que je pusse venger sans péril la mort de mon frère Laurencio... »
Entrent L1BIO et AURELIO.
LIBIO.
Seigneur, un vieux cavalier voudrait vous parler, et je viens tous chercher.
LISARDO.
Fâcheux contre-temps !
libio, à Âurelio.
Approchez, seigneur, car voici don Celio.
Embrassez-moi donc mille fois.
LISARDO.
ieo que je n'aie pas l'honneur de vous connaître, je réponds avec empressement à une aussi gracieuse avance. {Bas, à don Félix.) Ne nous séparons pas.
AURELIO
Vous ne me devez pas moins.
don félix, lisant.
« ••• Je yemx me conduire le plus généreusement possible. Donc,
1 » pour voir si von* êtes ausii heureux avec moi ^ue tous l'avez été * » avec lui... » ' "
LISARDO»
Instruisez-moi de toutes mes obligations, afin que je puisse m'en acquitter. " . %
AURRLlO. ' '"'•"**
' Je vous dirai en un seul motj qui je suis et pourquoi je vient.
wsardc Vous me ferez plaisir, car je suis extrêmement pressé.
don veux, Usant.
« Je vous attends derrière le château. Dieu vous garde. »
AURELIO,
Eh bien ! embrassez-moi comme étant lisardo, et non pas comme étant Celio; car je sais qui vous êtes. •"
^ LISARDO.
Cela suffit. Vôu* ne pcfavez être que le seigneur- AureKo.
don Félix, à part.
Derrière le château, duVil. Quel est donc le chemin ?
- - adreuo. * - • -\ .
Il est vrai; et me* 'disgrâces veulent, que je m'adresse à vont pour mon honneur et pour le vôtre»
-. LISARDO,
Je vous sais bon gré de cette démarche. (A part.) Il sait tans doute que dén César est ici, et il vient m'en prévenir.
AURELIO. , *
Car vous saurez, mon ami, que,..
DON FÉLIX
Cavaliers, ventiliez, je vous prie, m'indiquer le chemin dû château.
AURELIO
Que vois-jel {Il tira son épée.) Je vous indiquerai plutôt, cavalier déloyal, le chemin de la mort 1
- LISARDO.
Je ne me trompais pas, - '
DON FEUX
On ne peut pas se battre de deux côtés à la lois.
lisardo, à part.
Je ne puis souffrir qu'un homme que j'ai provoquée batte auparavant avec un autre, et je dois empêcher cela. (Bout.) Arrêtez seigneur Aurelio.
AURELIO
Eh quoil vous vous mettez de son côté! -
LISARDO.
Our, car ceci me regarde,
AURELIO. ,
Quoil lorsque je me bats avec un homme ^out ta iXtVsMfe^s*
ipoo honneur, qui est aussi le votre, voua prenea ton parti?
LISARDO.
Certainement.
don Félix, à LUmrdo.
Je vous en remercie, bien que je ne coure aucun péril... Songes, seigneur Aurelio, que vous n'avei reçu de moi nulle offense.
AURELIO
N'étes-vous pas le traître don Félix?
LISARDO.
Don Félix ! qu'ai-je enlendu?
AUR1LIO
Et ainsi nous allons savoir...
Entrent LIDORO et quelques hommes.
UDORO.
J'ai pu vous joindre à temps, don César* Me toiqi 4.tot côtés...
De quoi s'agit-il donc ?
' aurilhk
C'est la vengeance d'un gentilhomme offensé. Mais puisque vous aussi vous vous y opposeï, j'attendrai un moment plus- favorable, où je n'aurai pas tant de témoins.
Il sert.
lisardo, à part.
Que faire ? le voudrais suivre, Aurelio, mais je nn puis pas perdre de vue don César ; car bien qu'on l'ait appelé don Félix, c'est par erreur sans doute, et je ne dois pas manquer au rendez-vous,
udoro.
Qu'est ceci* don César? .
DON FÉLIX
Je l'ignore.
liboro, .
Qui est ce cavalier? , .
don veux.
Le père de dona Violante. v
UDORO*
Que dites-vous? Le seigneur Aurelio t-Qu'a-Ml^ouc avec vous?
- DON FÏCLIX.
» C'est probablement parce .que je suis l'ami de don Félix.
- LIDORO.
Seigneur Celio, pendant que je vais l'apaiser, puisque mon bonheur a voulu que je vous trouvasse ici, ne quittez pas don César.
■ ' " ' il son.
LISARDO.
Non, seigneur, je ne vous quitterai pas; car tt m'importe beaucoup de yous suivre.
-. JOURNÉE ni,..SC$Ng \\< , m
DON TFÉLIX, . «
Excusez-moi, je vous prie, car il faut que je sols seul.
L1SAKU0.
Cela n'est pas possible*
don viùx. '■ Qu'en savez-vous?
LI8ARDO. %
Non, seigneur don César ou seigneur don Félix, car tin vous donne ces deux noms , je ne puis vous laisser seul lorsqu'on Ypus ^ r,emis à ma garde.
DON FEUX
Je sais ce que'je vous 4o|s déjà pour Yotre no^le. conduite de fout à l'heure; cependant... v " "*
Entre LIQQRO.
tiDOftô. . . - . -
Je n'ai pu l'atteindra; mail puisque e'ett la père ttodon* Vidante qui eit chex moi... .-. . . t . .- .
HfcUtno, 4 fort, . .-.
Comment 1 doua Violante dani sa maison?
wûoro.
Il faut que nous nous arrangions pour qu'il k tgoyw mariée avec don Félix t ai aiftti tout sera heureusement terminé» ~« Ven^z, dan Céiar, jau*ar ensemble de «ela, ,..•„'.
„ dqn riu*.
Pardonnez*.* je vous/suis,
Wûorû, ■-....;
Je ne puis vous laisser.
lisahdo, à part.
Quel ennui 1 •> . »■