‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnol (volume 2)Chapitre 74 sur 103 · DON ALTAÏ · texte numérisé non relu

DON ALTAÏ

Nuit sombre et froide, c'est à ton silence que mon espérance confie met entreprises, mon amour son bonheur, mon âme sa victoire ; car bientôt, plus brillante que les étoiles, et t'éclairant de sa vive clarté, Maléca, ma douce proie» se trouvera dans mes bras amoureux. Porté sur l'aile du désir, me voilà arrivé sous les murs dç Galère. Que ce ravin profond, que la nature entoura sans art d'impénétrables labyrinthes , soit pour cette nuit l'asile de mon coursier fidèle ; et puisque personne ne me'voit, attachons-le à cet arbre, qui me le gardera mieux que ce misérable qui la nuit p&ssée,. » Tout alarme un cœur amoureux. {Il se heurte contre Àlcouzcouz et chancelle.) Oui, cet accident même m'inquiète, et je regarde comme un funeste augure, au moment où je veux Rapprocher du rempart, que mon pied ait trébuché contre un cadavre. Tout ce que J'ai VU* tout ce que j'ai rencontré aujourd'hui, me remplit de tristesse, d'horreur çt d'épouvante... Hélas! pauvre infortuné qui as trouvé ton tombeau au pied de la montagne! Mais non, heureux, heureux mille fois, toi que la mort a pour jamais affranchi des ennuis qui m'accablent l

àlcouzcouz, sa réveillant.

Qui marcher sur moi?

DON ALVÀH."

Que vois-je? Qu'ehtends-je? Qui es-tu î - - ' "

ÀLCOUZCOUZ. ' ' s

Alcouzcouz, a qui toi ordonner de t'attendre avec la Jument, et être resté ici sans que personne m'avoir vu. 11 être bien tard pour retourner à Gabia; mais toujours les amans paresseux pour revenir.

DON AtVAR.

Que fais-tu ici, Alcouzcouz?

ALCOUZCOUZ.

Comment toi le demander, si moi l'attendre foi depuis que toi être entré par la poterne pour voir Maléca?

DON ALVAR

A-t-on jamais vu 1... Quoi! tu serais resté le depuis hier auâoir?

ALCOUZCOUZ.

Pourquoi toi parler d'hier au soir ? Moi m'étre endormi tout-àl'heure, après avoir pris du poison de peur que mon mattre ne tuât moi à cause de l'escapade de la jument. Mais puisque la jument êtro revenue, et que moi n'être pas mort du poison, Allah soit loué, et partons!

DO* ALVAR

Que contes-tu là? Ta étais ivre la nuit passée.

ALCOUZCOUX.

Oui, si le poison rendre ivre, moi l'avoir été. Moi avoir la bouche sèche comme pierre à fusil, et la langue comme amadou.

DON ALVAH.

Va-t'en ; je ne veux pas qu'une autre fois ta sottise me fasse perdre mon bonheur. Hier je manquai, a cause de toi, l'occasion la plus heureuse : je ne veux pas, par mon imprudence, éprouver aujourd'hui la même disgrâce.

ALCOUZCOUX.

Pas ma faute, à moi!... faute a Zara, qui m'avoir dit que c'était du poison, et moi m'avoir empoisonné pour mourir.

On eatend do brait.

DON ALVAR

l'entends du monde qui vient de ce coté. — Cachons-nous en attendant qu'on toit paaaé.

Ut aé cachent.

Botre GARCES avec d'antres Soldats.

«ABXfts.

Voici l'ouverture de la mine qui se prolonge sous le rempart. Approchez, approches en silence; placez-vous, personne ne noua voit. — Voilà que j'ai mis le feu. Maintenant, éloignons- nous jusqu'à ce que le rocher éclate en nuages de fumée et de poussière. Puis, aussitôt après l'explosion, nous nous élancerons sur la brèche qu'elle aura faite, et noua noua y maintiendrons jusqu'à l'arrivée de nos camarades, qui sortiront, au moment convenu, de l'embuscade où ils sont cachés.

Ils sortent.

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