scène m
A Naples. — Tfn salon du palais.
Entrent L'INFANTE, S^MPHINE et LE ROI.
l'infantb.
Laissez-moi mourir.
LE ROI
Mais songez donc, infante. .,
V* LINPAWPR,
Sire, ce que je désire le plue, c'est la fin de mes maux, c'est la mort.
LE ROI
Hélas! une douleur aussi forte, et à laquelle tu ne cherches pas à résister, t'aura bientôt tuée..
l'infante.
Plût au cieM.-t plût W ciel que mes. peines ftai*f<M WeuMH avec ma vie I
le roi,
Tous nous pleurons la mort de §forze, tous nous le regrettons, tous nou* demandons vengeance au cjeL, .* Mais enftn noua renfermons notre douleur dans de justes linutea, }oin ^enoui y aJ>antJoimçr avec une violence aussi déraisonnable.
LOFANTS.
Nous ne sentons pas également ; et je sais mieux que vous quel est mon majeur.
lrroi, Consolez-vous, ma fille. Si l'on peut atteindre le traître, vous aurez satisfaction. ; U périra,
l'infante, à $qrt.
Hélas!,,.. Q mon tûeul ô Frédéric 1 ^
le, roi.
Eh bien! que répondez-YOus?
l'infant Suivez, vos projets, moR père, je qe puisque ^approuver ; faites chercher le traître, et qu/jl périsse, {A paru) Ct ciel! ne le permets jamais i {ffwi.) Um p'est ep vain que je YWdrai* oublier ma peine, tous les efforts que je fais pQur Ja çhasjer de, nia wéinoïre Vy jappellent plus vivement, *.
Entrent LE CAPITAINE DES GARDES et ROBERTO.
LE CAPITAINE
Sire, votre majesté ayant fait publier qu'on punirait comme rebelle quiconque ne découvrirait pas le meurtrier, ou ne dirait pas
1 Dans le texte Galderon a donné à cette pensée des développemens qu'il nous a été Impossible de reproduire, tant ils ont de subtilité.
ce qu'il sait de lui, — un homme m'a dénoncé ce valet comme le reconnaissant pour appartenir au coupable.
LE ROI
Je saurai de lui ce que je veux savoir.
Oui, je l'avoue franchement, j'ai un maître que je sers; mais quel est ce maître, je ne le dirai jamais.
LE ROI. -
Qui es-tu?
ROUBRTO. .
Un étranger venu à Naples pour assister au spectacle de ces fêtes.
LE ROI
J'espère apprendre dé toi quel est le cruel auteur de mes peines.
ROBERTO
Je ne le connais point.
LE roi.
N'étais- tu pas à son service?
ROBERTO
Oui; mais j'ignorais qui il était,,
LE CAPITAINE
Voyez, sire, son trouble... U cherche à yqu* tromper»— Et confinent pourrait-il se faire qu'un pauvre valet sur la personne duquel on vient de trouver des bijoux du plus grand prix ne connût pas son maître?
ROBERTO
En vérité, seigneur capitaine, vous auriei été un bon juge d'îo» formation *.
LE ROI
Puisque tu ne yeux pas parler lorsqu'on t'y invite ayec douceur, nous verrous à employer d'autres moyens. — Mais parmi les joyaux j'aperçois un papier- Ouvrons-le. Peut-être il m'apprendra ce <jue je veux savoir.
l'infante, à part.
Hélas ! ce sera quelque lettre de lui. Je tremble 1... U est découvert! il est perdu!
LE ROI
Voyez, ma fille.
l'infante, flpaxt.
Je vois mon malheur !
LE roi.
C'est une lettre.
l'infante, à pari.
C'est une mort.
Por ûiêrto el unor don Ta!
Bêbutnopam Fiscal.
le roi, litant.
«Afin que Votre Majesté ne s'inquiète pas démon absence, je vous écris par Roberto. Je suis en bonne santé. Le motif qui m'a conduit à Naples c'a été le désir d'assister au tournoi que don Pèdre deSforze a fait publier, et dans lequel je veux rompre une lance avec lui.— Le tournoi achevé, je m'empresserai de retourner aux pieds de Votre Majesté, dont le ciel conserve la vie!— Le prince Frédéric. [Parlant.) Voilà donc quel est l'auteur de mes maux ! C'est le prince Frédéric qui a tué Rodolphe ! N'était-ce pas assez que le roi de Sicile fût mon ennemi , et fallait-il encore que son fils vint porter la désolation dans mon royaume !
l'infante, à part.
Mon cœur, dissimulons mes chagrins, et que mon père ignore la cause de mes larmes! {Haut.) Frédéric ! ô prince barbare, cruel, impitoyable , dont la main hardie , dont la folle audace m'a donné la mort! Prince perfide qui m'as enlevé la moitié démon Ame, puisse le ciel te réserver une destinée telle que mon cœur la désire !
LE ROI
Ma fille, yos larmes m'ont touché profondément. — Capitaine, cherchez sans retard le coupable , et mettez à feu et à sang le pays où l'on soupçonne qu'il a pu se cacher.
Il sort avec le Capitain. .
l'infante.
Ah I Roberto, ta fidélité nous a perdus. Pourquoi donc es-tu resté à Naples ? pourquoi donc as-tu conservé cette lettre qui portait la signature du prince? Ne pouvais-tu pas la déchirer, la brûler ?
ROBERTO
Je ne pouvais prévoir ce qui est arrivé. J'étais ici secrètement, et mon hôte (il y a des hôtes qui sont bien infâmes!) n'a pas craint de me dénoncer comme le serviteur du prince, lequel avait demeuré chez lui. Il avait écrit cette lettre au roi son père, et, pour notre malheur, il ne l'a pas envoyée.
l'infante.
Je ne m'en consolerai jamais.
Entre LE CAPITAINE.
LE CAPITAINE
Le roi ordonne qu'on vous retienne prisonnier afin que vous ne puissiez pas donner avis de l'aventure.
l'infante.
Oui, il faut retenir prisonnier le serviteur d'un tel prince. {Bas, à Roberto.) Sois tranquille, je te délivrerai.
roberto, bas , à l'Infante.
Je me recommande à votre bonté.
Le Capitaine et Roberto sortent.
séraphins* Je vous écoute et ne vous comprends pas. J'en suis toute inquiète 11 y a ici quelque mystère.
l'infante.
Je puis, je le sais, me confier à toi. Je connais ton dévouement.
SÉRAPHINS
Je tous écoute avec une attention sans égale.
l'infante.
Viens avec moi à l'ombre de ces arbres ; là je te conterai une lamentable tragédie d'amour. Bientôt tu sauras tout. Et si par hasard tu ne me comprends pas, n'en sois pas étonnée ; car je ne me
comprends pas moi-même.
Elles sortent.