‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnolChapitre 68 sur 113 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Une rue à rentrée de Zalaméa.

Entrent MENDO, genlillatre ridicule , et NUNO.

HENDO.

Comment va le grison ?

NUNO

Pauvre béte 1 il ne peut plus se tenir.

MENDO.

As-tu dit à mon laquais de le promener un instant ?

NUNO

Voilà une agréable ration 1

HENDO.

Il n'y a rien qui délasse autant les animaux.

NUNO

Pour moi, j'aimerais mieux de l'avoine.

MENDOi

Et mes lévriers, as-tu dit qu'on ne les attachât point?

NUNO

Us en seront fort contens, mais pas le boucher 1 .

MENDO.

Assez ; et puisque trois heures viennent de sonner, donne-moi mes gants et un cure-dents.

NUNO

Croyez-vous tromper le monde avec ce cure-dents?

MENDO.

Si quelqu'un osait penser en lui-même que je n'ai pas mangé à mon dîner un faisan, je suis prêt à lui soutenir ici et partout ailleurs qu'il en a menti à part soi.

NUNO

Eh! ne vaudrait-il pas mieux me soutenir moi-même? car enfin je suis à votre service.

MENDO.

Quelles sottises 1... A propos, n'est-il pas arrivé ce soir des soldats dans ce village?

NUNO

Oui, mon seigneur.

MENDO.

Pauvres roturiers ! n'est-ce pas pitié de leur voir toujours des hôtes nouveaux?

1 Parce que ces lévriers affamés iront voler chez lui.

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