L'ALCADE DE ZALAMEA
NUNO
Ce n'est pas moins pitié, au contraire, d'en voir d'autres qui n'eu ont jamais.
MENDO.
De qui parles-tu?
NUNO
Des gentilshommes de campagne. Ne vous étes-vous jamais demandé pourquoi on ne leur envoie personne à loger?
mbndo.
Pourquoi ?
Parce qu'on craint que l'on y meure de faim.
MBNDO.
Dieu fasse paix à l'âme de mon bon seigneur et père ! car enfin il m'a laissé une belle carte généalogique toute peinte d'or et d'azur, qui m'exempte moi et mon lignage de ces corvées.
NUNO
Il aurait mieux valu qu'il vous eût laissé un peu d'argent comptant.
MENDO.
Toutefois, quand j'y pense, et s'il faut dire la vérité, je ne lui ai pas grande obligation de ce qu'il m'a engendré noble; car je n'aurais jamais souffert qu'un autre qu'un gentilhomme m'eût engendré dans le ventre de ma mère.
NUNO
Il vous eût été difficile de le savoir.
MENDO.
Point du tout; rien de plus facile.
NUNO
Comment cela, seigneur?
MENDO.
Mais non ; tu n'entends rien à la philosophie, et par conséquent tu ne connais pas les principes.
NUNO
Il est vrai, mon seigneur, ni les principes, ni le reste, depuis que je mange chez vous ! . Votre table est une table divine, sans commencement, ni milieu, ni fin
MENDO.
Je ne te parle point de cela. Sache que l'être qui naît est la substance de la nourriture qu'ont prise ses parens.
NUNO
Vos parens mangeaient donc? Vous n'avez pas hérité d'eux cette habitude.
1 Nufto jmio mi' le tlmiMo sens du mot principios, qui signifie t principes, commen ttm*<\t t «1 un plat, nuo entrée.
MENDO.
Ensuite ces alimens se convertissent en sa propre chair et en son propre sang... Si doncmon père n'eût mangé que des oignons, j'en aurais aussitôt senti l'odeur, et j'aurais dit : Un moment, s'il vous platt; je ne veux pas être le résultat de la digestion d'un pareil mets.
nuno.
Je conviens à présent que vous avez raison,
MENDO.
Sur quoi ?
NUNO
Sur ce que la faim aiguise l'esprit.
MENDO.
Imbécile ! est-ce que j'ai faim, moi ?
NUNO
Ne vous fâchez point; car si vous n'avez pas faim, la faim peut vous venir. Il est déjà trois heures de l'après-midi, et je suis sûr que, pour enlever les taches, il n'y a pas de pierre blanche qui fût meilleure que votre salive et la mienne.
MENDO.
Et tu crois que cela sufût pour que, moi, j'aie faim? Que la canaille éprouve le besoin de la faim, à la bonne heure ! mais nous ne sommes pas tous de même espèce, et un gentilhomme peut fort bien se passer de dtner.
NUNO
Oh! alors, que ne suis-je gentilhomme!
MENDO.
Mais ne me parle plus de tout cela; nous voici dans la rue d'Isabelle.
NUNO
Pourquoi donc, mon seigneur, aimant Isabelle d'un amour si constant et si dévoué, ne la demandez-vous pas à son père? De cette manière, vous et son père vous auriez enfin chacun ce qui vous manque; vous, de quoi dtner; et lui, des petits-fils gentilshommes.
MENDO.
Ne me parle jamais de cela, Nuno. Eh quoi! l'argent aurait tant de pouvoir sur moi, que je m'abaissasse jusqu'à m'allier à un rustre !
NUNO
Je pensais, au contraire, qu'il n'y avait rien dé plus commode pour un gendre que d'avoir un tel beau-père; car avec les autres, dit-on, un gendre risque plus d'un choc *. Et d'ailleurs, si vous ne voulez pas vous marier, pourquoi toutes ces démonstrations d'amour?
1 Nuno joue ici sur le double sens du mot llano, qui veut dire i • rustre, et 2" terrain uni II nous a clé impossible de reproduire cette grâce.
104 L'ALCADE DE ZALAMÉA.
MENDO.
Eh bien ! sans que je me marie, est-ce qu'il n'y a pas dix coûtons à Burgos où l'on peut la conduire lorsque ma fantaisie sera passée? — Regarde si par hasard tu l'aperçois.
NUNO
Je crains que Pedro Crespo ne vienne à me voir.
MENDO.
Qui s'aviserait de te toucher? N'es-tu pas à mon service? Allons, fais ce que t'ordonne ton maître.
NUNO
J'obéis, quoique je ne m'asseye pas a table avec lui '.
MENDO.
Ces valets ont toujours quelque proverbe à la bouche l
NUNO
Bonne nouvelle l La voilà qui s'avance avec sa cousine Inès, derrière la jalousie.
MENDO.
Dis plutôt que le soleil couronné de diamans se montre aujourd'hui pour la seconde fois a l'horizon.
ISABELLE et INÈS parassent à la fenêtre.
INES.
Viens, ma cousine, viens sans crainte à la fenêtre ; tu verras l'entrée des soldats.
ISABELLE
Ne me parle pas, je te prie, de me mettre à la fenêtre alors que cet homme est dans la rue; car tu sais, Inès, combien il me déplatt de le voir là.
INÈS
C'est de sa part une singulière manie, que de te faire la cour avec tant d'empressement.
ISABELLE
Ce sont là toutes mes bonnes fortunes.
INÈS
Tu as tort, selon moi, de t'en affliger.
ISABELLE
Que veux-tu que je fasse?
INÈS
Il vaudrait mieux t'en amuser.
ISABELLE
Tu veux que je m'amuse de mes ennuis !
MENDO.
Jusqu'à ce moment j'aurais juré, foi de gentilhomme, — et ce serment est sacré, — que le jour ne s'était point levé encore. Qu'y
1 Allusion malig-ne an proverbe espagnol : « Haï lo que manda tu amo, y sientate con el â esa. » Fais ce que t'ordonne ton maître, et lu t'assiéras à table avec lui.
JOUHNÉE I, SCÈNE II. 195
a-t il d'étonnant à cela? Le jour est annoncé par l'aurore, et je vois deux aurores briller à la fois.
Je tous l'ai déjà dit bien souvent, seigneur Mendo, vous dépense! en vain votre galanterie, et vous n'en serez pas plus avancé quand vous viendrez tous les jours soupirer follement dans ma rue et près de ma maison.
MENDO.
Si les jolies femmes savaient combien les embellit la colère, le mépris, le dédain et l'injure, elles ne voudraient jamais d'autre ornement. Sur ma vie, vous êtes adorable; dites, dites-moi tout ce que peut vous inspirer la fureur.
ISABELLE
Puisque vous n'êtes pas plus touché de mes paroles, don Mendo, je vous témoignerai mon ennui d'une autre façon. — Viens , Inès, rentrons , et donne-lui de la fenêtre sur le nez.
Elle ic relire.
INÈS
Seigneur chevalier errant, qui ne cherchez les aventures qu'avec des femmes, parce que vous seriez embarrassé si vous aviez en face d'autres adversaires, - que l'amour vous assiste et vous console!
Elle se retire.
MENDO.
Charmante Inès, la beauté est toujours maltresse d'agir comme il lui platt. — Nuno?
NTJNO.
Quand on est pauvre, on ne doit espérer que des mépris.
Entre PEDRO CRESPO.
CRBSPO.
Eh quoi! je ne puis jamais ni rentrer ni sortir sans voir ce méchant hobereau se promener gravement de long en large dans ma rue!
Voilà Pedro Crespo qui arrive.
MENDO.
Allons de l'autre côté; car ce paysan est des plus matoir
Entre JUAN.
JUAN
Quoi doncl verrai-je toujoui s ce fantôme rôder près de notre porte, avec ses plumes et ses gants?
NUNO
Bon ! voilà que son fils vient par ici.
MENDO.
Tiens- toi ferme et ne te trouble pas.
ciiEsro.
Ah! c'est mon fils!
liL *Jki
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garçam, qu'as-tu
dire cela; je crains de tous Cacher, de a rwir, M je les ai perdues
tt a" j a fias de mal» si ta as payé-
Jfe a al pas p**« $ttrsfeH» Aussi»
je a avais pas
d'argent
Atob* dacnew» écoute mot U y a deux choses que tu dois touj*ra«$ **fete svjgu*«semeB( : la première, de promettre ce que tu <* i»c*ttitim d» poawiàr tenir: H l'antre, de jouer plus d'argent que I* « *• as pat^taets lot : car. si par un accident quelconque, tu ****** à a* svwtr remplir uni engageaient, ta réputation en souf-
Mv* ^ k <v*$*U e$t digne de tous, et je l'estime pour ce qu'il \4*t; m**k en f>Hv>or, permettra que je vous en donne un autre : * Yvdftv* j >****** d* \V4W*ib à celui qui ne tous demande que de
Hj v sk *w* $W\vn* ^ *$ bw« réplique.
JOURNÉE I , SCÈNE II. t97
Entre LE SERGENT.
LE SERGENT
N'est-ce pas ici que demeure Pedro Crespo ?
CRESPO
Qu'y a-t-il pour votre service?
LE SERGENT
Je porte chez lui les effets de don Alvar de Àtayde. C'est le capitaine de la compagnie qui est arrivée ce soir, et qui prend ses logemens à Zalaméa.
CRESPO
N'ajoutez pas un mot, cela suffit ; car dès qu'il s'agit de servir Te roi ou les chefs de ses troupes, j'offre de grand cœur et ma maison et tout mon bien.* En attendant qu'on lui prépare un appartement, f:osez-là ses effets , et veuillez lui dire qu'il vienne quand il lui flaira, que tout ici est à son service.
LE SERGENT
11 va venir à l'instant môme.
11 sort.
JUAN
Comment, mon père, riche comme vous l'êtes, pouvez-vous voua soumettre à loger ainsi chez vous des gens de guerre?
CRESPO
Et comment veux-tu que je m'en exempte?
JUAN
II n'y aurait qu'à acheter des lettres de noblesse.
CRESPO
Dis-moi, sur ta vie, est-ce qu'il y a ici quelqu'un qui ignore que, si je suis de race honnête, je n'en suis pas moins un simple roturier?... Non certes... Que me servirait-il donc d'acheter du roi des lettres de noblesse, si je ne puis acheter en même temps de nobles ancêtres? Dira-t-on alors que je vaux mieux qu'à cette heure? Non, ce serait une sottise. Eh bienl que dira-t-on? Que je suis devenu noble pour cinq ou six mille réaux ; et cela , c'est de l'argent, ce n'est pas de l'honneur, car l'honneur ne s'achète pas... Veux-tu un exemple à ce propos? en voici un, il est un peu trivial, mais n'importe I Un homme est chauve depuis des années ; à la Gn, il prend perruque... Crois-tu que dans l'opinion de tous ceux qui le connaissent il ait cessé d'être chauve? Nullement. Aussi que dit-on quand il passe ? « Un tel a une perruque fort bien faite.» Que gagnet-il donc à ce qu'on ne voie pas sa tête dépouillée de cheveux, si tout le monde sait qu'il est chauve?
JUAN
Ce qu'il y gagne, mon père? — Il y gagne qu'il se délivre d'une incommodité, qu'il remédie à un mal autant que possible ; qu'il se garantit du soleil, du froid, du vent.
108 L'ALCADE DE ZALAMÉA.
crespo.
Non pas ! je ne veux pas d'honneur postiche, et ma maison restera ce qu'elle est. Vilains étaient mes aïeux et mon père, vilains seront mes enfans. — Appelle ta sœur.
juAn.
La voici !
Entrent ISABELLE et INÈS CRESPO.
Ma fille, le roi, notre seigneur (le ciel le conserve de longues années 1 ), se rend à Lisbonne, où il va se faire couronner comme roi légitime de Portugal , et, à cet effet, les troupes se dirigent sur cette ville avec tout l'appareil militaire. 11 n'est pas jusqu'au vieux terce de Flandre qui ne soit à cette occasion revenu en Castille. Il a pour chef un certain don Lope qui, dit-on , est le Mars espagnol. Or, nous allons avoir dès aujourd'hui des soldats dans la maison... il importe qu'ils ne te voient pas ; et ainsi, ma fille, retire toi là-haut, sans retard, dans l'appartement que j'occupais.
ISABELLE
Je venais, mon père, vous en demauder la permission. Je n'ignore pas qu'en me tenant ici, je serais exposée à entendre mille propos déplacés. Ma cousine et moi, nous resterons ensemble là-haut sans que personne nous voie, pas même le soleil.
CRESPO
Dieu vous garde ! — Pour toi , Juanito *, tiens-toi ici. Tu recevras nos hôtes de ton mieux, tandis que je vais par la maison chercher de quoi les régaler.
Crcspo sort.
ISABELLE
Allons-nous-en, Inèsl
INÈS
Marchons, ma cousine. Mais c'est, à mon gré, une folie, que de vouloir garder une femme, si elle ne veut pas se garder elle-même.
Elles sortent.
Entrent LE CAPITAINE et LE SERGENT.
LE SERGENT
Monseigneur, voici la maison.
LE CAPITAINE
Va tout de suite chercher mes effets au corps de garde.
LE SERGENT
Non pas, je vais d'abord savoir des nouvelles de notre petite villageoise.
11 sort.
JUAN
Soyez le bienvenu dans celte maison, seigneur; nous sommes trop
1 Juanito, diminutif de Juan.
heureux d'y recevoir un cavalier aussi noble que vous le paraissez. {A part.) Quel air galant! quelle bonne mine! que j'aimerais l'habit militaire ! -%
LE CAPITAINE
Je suis charmé de faire connaissance avec vous.
JUAN
Vous excuserez si la maison n'est pas plus belle; mon père aurait bien voulu qu'elle fût aujourd'hui un palais. Il est allé vous chercher des provisions, avec le désir de vous traiter le mieux possible, et moi, je vais veiller à ce qu'on dispose votre appartement.
Je suis fort sensible à tant de bonne volonté.
JUAN
Je me mets à vos pieds.
Il sort.
Entre LE SERGENT.
LE CAPITAINE
Qu'y a-t-il, sergent? Aurais-tu déjà vu la villageoise?
LE SERGENT
Vive le Christ! j'ai fouillé dans cette intention l'appartement et la cuisine, et je ne l'ai pas aperçue.
LE CAPITAINE
Sans doute que ce vieux vilain la tient à l'écart.
LE SERGENT
Je me suis îmormé d'elle à une servante, et j'ai appris que son père la tenait dans l'appartement au-dessus, et qu'il lui était défendu de descendre... Le rustre est fort soupçonneux.
LE CAPITAINE
Tous ces rustres sont les mêmes. À quoi cela l'avancer a-t-il, celuici, avec moi? Si j'avais vu sa fille en toute liberté, je n'en aurais fait aucun cas ; mais seulement parce que le vieux a voulu me le cacher, vive Dieu 1 je brûle de pénétrer où elle est.
LE SERGENT
Alors comment nous y prendre, monseigneur? Par quel moyen arriver jusqu'à elle sans exciter de soupçons ?
Je ne veux pas en avoir le démenti... il nous faut trouver une ruse.
LE SERGENT
Il n'est pas besoin de se tourmenter la tête avec des gens de cette espèce ; la première ruse venue sera toujours assez bonne pour eux.
LE CAPITAINE
ir*me vient une idée... écoute.
LE SERGENT
Qu'est-ce? parlez.
L ALC1I>E DE 7JLLAMÉA.
LE CinTAIXE.
1% ferai nwnblmt de... mais non, Yoiri on soldat qui est plus dégaardi, et fn joacra aâeai ce rôle
WOLLEDO et L ÉTINCELLE.
■Aller aa capitaine, et nous verrons si je suis
l'tTDf CELLE.
Soage à hri parier d'aae asaaîère convenable et a? ec mesure ; c'est 4e folies.
rrfte mai aa pe« de ta sagesse.
l' Quoique je n'eu aie pas beaucoup, elle ne te serait pas inutile.
Pendant que je lui parle, attends moi là un moment. (Au CapifatiitO le Tenais, monseigneur, tous prier...
LE CâPITAlHB.
Je suis prêt, Ttre Dieu ! à faire pour toi tout ce que je pourrai, Rebolledo, car j aime ta bonne grâce et ton courage.
LE SERCETT.
C'est un excellent soldat.
LE CAPITAINE
Eh bien ! mon brave, de quoi s'agit-il?
REBOLLEDO.
Mon capitaine, j'ai perdu tout l'argent que j 'avais, que j'ai eu et que j'aurai jamais, et me voilà ruiné pour le présent, le passé et l'avenir. Je venais tous prier de dire à l'enseigne de me donner aujourd'hui comme indemnité...
LE CAPITAINE
Achève; que désires-tu ?
REBOLLEDO.
Que l'enseigne me donne la préférence pour tenir le jeu de la compagnie; car enfin j'ai des obligations à remplir, et je suis un honnête homme.
LE CAPITAINE
Gela me semble fort juste, et je ferai dire à l'enseigne que je veux qu'il en soit ainsi.
l'étincelle, à part.
Le capitaine a l'air de consentir... Oh ! si je pouvais me voir à la tête des jeux !
Je me charge de la commission, monseigneur.
LE CAPITAINE
Auparavant, un mot. J'ai besoin de toi pour l'exécution d'un certain projet que j'ai à cœur.
HEBOLLEDO.
Qu'attendez-vous donc? Plus tôt j'en serai instruit, plus tôt il sera exécuté.
LE CAPITAINE
Écoute. Je voudrais qu'on montât dans cet appartement d'en-haut pour voir s'il s'y trouve une personne qui essaie de se cacher de moi.
REBOLLEDO.
Eh bien! pourquoi n'y montez-vous pas?
LE CAPITAINE
Non, il me faut un prétexte, un moyen d'excuse... Je vais faire semblant d'avoir querelle avec toi ; tu fuiras en courant de ce côté; alors, furieux, je tirerai Fépée, et toi, éperdu, tu entreras dans l'appartement de la personne que l'on me cache et que je cherche.
REBOLLEDO.
C'est entendu.
l'étincelle, à part.
Allons, puisque Rcbolledo cause ainsi avec le capitaine, Il est sûr que nous avons les jeux.
rebolledo, jouant la mauvaise humeur.
Vive Dieu ! dire qu'on a accordé ce que je demande à des escrocs, à des poules mouillées, à des misérables! et aujourd'hui qu'un homme d'honneur se met sur les rangs, on le lui refuse !
l'étincelle, à part.
Voilà— t-il pas que sa folie le prend !
LE CAPITAINE
Comment oses-tu me parler de la sorte?
REBOLLEDO.
On a bien le droit de se fâcher quand on a raison !
LE CAPITAINE
Non, tu ne l'as pas, ce droit; baisse le ton, je te prie, et rends grâces au ciel que je ne punisse pas ton insolence.
REBOLLEDO.
Vous êtes mon capitaine, c'est pour cela que je me tais. Mais, jour de Dieul si j'avais en main mon escopette...
LE CAPITAINE
Eh bien ! que me ferais-tu ?
l'étincelle.
Seigneur, calmez-vous! {A part.) Le malheureux! il est perdu.
REBOLLEDO.
Vous me parleriez sur un autre ton.
LE CAPITAINE
Qu'attends-je donc? que tardé-je à tuer cet audacieux, cet insolent?
202 L'ALCADE DE Z.YIAMÉA.
REBOLLEIH).
Je fuis ; mai* c'est seulement par respect pour les insignes du grade.
Tu auras beau fuir, je te tuerai.
l'étincelle, à part.
Hélas ! il a déjà fait des siennes !
LE SERGENT
Calmcz-Yous, seigneur !
l'étincelle.
Écoutez!
LE SERGENT
Un moment ! arrêtez t
l'étincelle.
Ah ! c'est fini, nous n'aurons pas les jeux !
Rebolledo fait. Le capitaine Je pourtuil l'cpée à la main. Entrent JUAN et CRESPO. Juan a une épée.
l'étincelle.
Vite, accourez ! accourez tous !
CRESPO
Qu'est-il donc arrivé?