‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnolChapitre 97 sur 113 · CKL1À · texte numérisé non relu

CKL1À

Vous êtes déjà là, monseigneur, à cette heure?

DON JUAN

Dis-moi, que fait ta maîtresse ?

CELIA

Elle songe à s'habiller.

DON JUAN

Sortira- t-elle bientôt?

CBUA.

Je vais lui aider. M'ordonnez-vous quelque chose pour elle?

DON JUAN

Dis4ui seulement que j'adore, en l'attendant, le seuil de sa porte.

CBLIA.

Vous pouvez y compter.

Elle sort.

DON JUAN

Que de peines, que de tourmens souffre un jaloux! le ne saurai jamais aujourd'hui ce que je yeux savoir... Mais non; que ce désabusement, de la lenteur duquel je me plains, retarde encore de venir! car s'il eût dû m'être funeste, il n'aurait pas tardé à venir un seul instant... — Oh! quand donc serai- je détrompé? quand est-ce que se dissipera mon inquiétude?

Entre LE GOUVERNEUR.

LE GOUVERNEUR

Don Juan?

DON JUAN

Seigneur ?

LE GOUVERNEUR

Que faites-vous là si matin?— Je crois qu'une même pensée nous a éveillés tous les deux avant l'heure. •

DON JUAN

Quelle pensée ?

LE GOUVERNEUR

Vous me cherchez sans doute comme je vous cherche?

Que voulez-vous de moi?

LE GOUVERNEUR

J'ai pour vous une vive tendresse... je songe à ne pas prolonger davantage l'impatience de votre amour... et comme je connais le

ennuis de l'attente , vous serez dès ce soir l'heureux époux de ma fille.

don juan, à part.

Voilà un souci de plus.

LE GOUVERNEUR , à part.

Je m'assure par là s'il a ou non des soupçons.

DON JUAN

Votre intention, seigneur, était de ne m'accorder cette faveur que dans quelques jours; j'attendrai jusque là.

LE GOUVERNEUR

J'avais à terminer certains préparatifs nécessaires en pareille circonstance ; tout est prêt.

don juàn, à part.

Quelle persécution !

le gouverxeur, à part.

II y a encore du pis. — Puisqu'il demande un délai, lui qui avait tant de hâte, il aura vu probablement quelque chose cette nuit. {Haut.) Si vous, don Juan, vous ne dites pas oui aujourd'hui, moi demain je dirai non.

Il sort.

DON JUAN

Comme il est pressé!... Mais quelle est la femme qui s'approche?... Flerida!... Don César m'a dit que c'était pour elle qu'il était venu... Si je l'interrogeais? ..

Entre FLERIDA.

flerida.

Vous êtes bien matinal , seigneur.

DON JUAN

Oui, et c'est le désir de vous parler qui m'a fait lever si matin.

flerida.

Je suis à vos ordres.

DON JUAN

Avez-vous assez de confiance en moi pour me répondre avec sincérité ?

FLERIDA

Je me fie à votre loyauté entièrement.

DON JUAN

Vous avez raison de vous fier à moi ; car si vous êtes celle que je crois que vous êtes, vous aurez la reconnaissance de mon cœur sauvé par vous. — Déclarez-vous donc à moi sans crainte. Connaissez-vous, dites, don César des Ursins?

FLERIDA.

Ah ! seigneur !

DON JUAN

Parlez ; le connaissez-vous ?

Oui, certef , et plût au ciel, seigneur, que je ne l'eusse connu jamais 1 car c'est à cause de lui que je suis exilée loin de mon pays, de ma famille, et que ma réputation est perdue, détruite!

don juan , à part.

Cette première réponse déjà me soulage. [Haut.) Dites-moi «encore ; lui avez-vous donné quelquefois l'occasion de tous parler la nuit?

FLERIDA.

Moi, seigneur?

DON JUAN

Oui.

FLERIDA.

Hélas l oui, bien souvent, trop souvent pour mon malheur.

don juan, à part.

mon âme, réjouis-toi l {Haut.) Permettez -moi, Flerida, une dernière question.

FLERIDA.

Laquelle?

don juan.

Vous me promettez la même franchise?

FLERIDA.

La même.

don juan. »

Dites-moi : n'étiez-vous pas tous deux ensemble, la nuit, dans un jardin, lorsque...

FLERIDA.

Arrêtez, n'achevez pas!... Oui, nous étions dans un jardin lorsque s'est accomplie cette déplorable tragédie. Nous ne pensions pas, hélas 1 que ces mêmes fleurs, témoins discrets de nos amours...

don juan.

Cela suffît, Flerida ; ne vous appesantissez pas sur d'aussi tristes souvenirs... Vous m'avez rendu la vie et l'âme .. Oh! pardonne, ami fidèle, pardonne-moi une pensée injurieuse! Me voilà détrompé pour jamais!... Ne parlez pas à Lisarda de cette conversation, et demeurez avec Dieu.

Il s'éloigne.

L FLERIDA.

k Un moment, de grâce; où allez-vous de la sorte?

^L DON JUAN

VJL - Je n'ai pas besoin d'en savoir davantage ; vous m'avez complète- ■L ment rassuré. Il est juste que j'aille voir don César, qui m'attend en K prison.

» FLERIDA.

S Arrêtez !

DON JUAN

Je n'ai pas le temps ; j'y vole.

Il sort.

FLERIDA.

Il va voirdon César, dit-il ! Qu'est-ce que cela signifie?— Il prend des informations sur nos amours, et après il dit qu'il va le voir!... Mais cela est très-facile à comprendre. En m'interrogcant, il a voulu s'assurer que c'était bien moi; mes réponses le lui ont prouvé, puisqu'il a montré tant de joie ; et dire qu'il allait le voir, c'était me dire clairement qu'il était venu de sa part... Il a ajouté que don César est prisonnier; eh bien! allons trouver don César.

Entrent LISARDA et GELIA.

lisarda, à Flerida.

Où allez -vous?

FLERIDA.

Ah! madame, félicitez-moi.

LISARDA.

Sur quel sujet?

FLERIDA.

Comme je n'ignore pas le généreux intérêt que vous me portez et le plaisir que vous aurez de mon heureuse fortune, il faut que vous sachiez, madame, que celui que je cherche est ici prisonnier, et qu'il a appris que j'habite chez vous. la bonne idée que j'ai eue de me réfugier dans votre maison, et que je fus bien inspirée alors!... 11 ne pourra pas m 'accuser de n'avoir pas ménagé ma réputation en son absence!... Je suis folle... je vais voir don César.

Elle tort.

LISARDA.

Voilà un autre chagrin, Ceiia.

CRLIA.

Quel chagrin, madame?

LISARDA.

Hélas! ce n'est que dans la jalousie seulement que celui qui est simple spectateur voit moins de coups que celui qui joue... Quoi donc ! n'entrevois-tu pas de nouveaux soucis pour moi et de nouvelles inquiétudes ? Ne remarques-tu pas toujours qu'après chaque incident qui survient ma situation est pire qu'elle n'était auparavant?

CELIA

De quelle façon, madame?

Écoute. — Le Virgile portugais 1 a dit dans une douce chanson : «J'ai vu le bien converti en mal, et le mal en un autre mal pire encore. >> —D'un autre côté, un homme d'esprit a comparé le chagrin

1 Luis de Camoëns.

à une hydre, et il n'a pas eu tort ; car pour un chagrin qui meurt, il en natt deux ; je le sais, moi, par expérience. A peine j'échappe à une crise que j'entre dans une autre. Un jour, je me crus prisonnière; il in arriva si bien que je me tirai de ce péril ; mais à peine en fus je sortie, qu'une dame enlevée a rabattu mon allégresse en réveillant ma jalousie. Et c'est ainsi qu'avec plus de douleur, « j'ai vu le bien converti en mal, et le mal en un autre mal pire encore.» — Ce cavalier, il est sorti de sa prison et il est venu me voir. Je l'ai interrogé sur mes soupçons. S'il m'a satisfaite ou non par ses réponses, je l'ignore, mais moi je m'en suis satisfaite. Tandis que nous étions à causer tous deux, la poignée de son épée a poussé son arme, et une détonation s'en est suivie, tant le hasard m'est favorable! Ma crainte s'est bientôt dissipée; je me suis flattée qu'il avait gagné la porte sans être aperçu de mon père. Et lorsque je rendais grâces à l'Amour de ce succès, « j'ai vu le bien converti en mal, et le mal en un autre mai pire encore.» — Cette dame est venue ici à la poursuite d'un homme qui lui avait promis le mariage et qui avait été obligé de fuir à la suite d'une querelle. Cet homme, il est Tenu lui-même, attiré ici par mon étoile qui lui a soumis ma liberté. Il est à la tour, elle est dans ma maison, et elle veut l'aller trouver. Et maintenant, Celia, maintenant que tu connais mes justes inquiétudes, dis-moi si je n'ai pas raison de me plaindre de ma funeste destinée, de m'appliquer les paroles de la douce chanson du poète, et de dire comme lui au ciel et à la terre : « J'ai vu le bien converti en mal, et le mal en un autre mal pire encore ! »

CELIA

Vous n'auriez pas tort, madame, assurément, s'il n'y avait qu'un seul matador* au monde; mais aujourd'hui on ne voit partout que des matadors ; il y a même un certain jeu de cartes où il y a trois matadors!... — C'est la jalousie qui vous abuse.

LISARDA.

Laisse donc, Celia; oublies-tu que l'on dit de la jalousie qu'elle est an habile astrologue?

CELIA

Non, mais les astrologues les plus habiles ne devinent pas toujours bien.

Entre CAMACBO.

camacho, à part.

C'est bien le cas de dire le refrain : «Entrons ici, qu'il pleut 1...» Vive Dieu ! il faut que le charme où je suis ait une fin.

1 Matador signifie ordinairement, en espagnol, an homme qui en a tue un autre. En français et quelquefois aussi en espagnol, comme dans ce passage, on emploie ce mot dans un sen» ironique, pour dire un homme qui menace de tout tuer. — Au jeu de Vhombre, qui est d intention espagnole (hombre signifie homme), on appelle Matador 1 os trois cartel tapérienret.

LISARDA.

Quel est cet homme qui entre là? II me semble le reconnaître.

CELIA

C'est le domestique du seigneur Fabio.

LISARDA.

C'est lui sans doute qui l'aura prévenue que son maître était prisonnier en cette ville. J'ai à cœur de m'en assurer. Il n'a jamais vu mon visage ; en tenant ma mante...

Voulez-vous que je lui parle?

LISARDA.

Non, peu importe. — (4 Camaeko.) Comment entrez-vous ici sans plus de façon ?

CAMACHO.

Je suis entré en marchant, mes belles dames ; si cela vous a déplu, je sortirai en marchant de la même façon. Je suis parti du pied droit, je repartirai du pied gauche. Et ainsi je m'en irai à peu près comme je suis venu.

LISARDA.

Dites-moi, soldat, qui êtes-vous ?

CAMACHO.

Si je le savais moi-même , ce serait certes peu de chose que de vous l'apprendre ; mais je ne puis vous le dire parce que je ne le sais pas. Un maître que le ciel m'a donné me tient sous un tel charme, qu'à présent, l'unique chose que je sache de moi, c'est que je vais à travers les forêts d'amour, en guise d'écuyer errant, suivant un soleil qui a toujours la face voilée. Pour parler la langue vulgaire, je cherche ici la plus grande trompeuse et la plus grande inventeuse de l'Europe. Si l'une de vous deux est par hasard une dame que l'on tient prisonnière en ce palais, au nom de Dieu, qu'elle le dise ; car je suis venu ici en pèlerinage seulement pour la voir. Mon mattre m'a rompu la tête de l'éloge de sa beauté, et je voudrais la voir pour qu'il me laisse tranquille à l'avenir.

celia , bas, à Lis arda.

Eh bien l madame, l'astrologue a-t-il menti?

lisarda, bas, à Celia.

Non, il cherche la prisonnière, et elle ne se croit pas prisonnière

celia, de môme.

C'est une idée bien subtile.

lisarda, de même.

Il est facile de voir.

CAMACHO.

Eh bien, mesdames?

lisarda.

Quoi! votre mattre vous là vante à ce point?

CAMACHO.

Oui, madame.

LISARDA.

Mais que loue-t-il en elle? sa beauté ou son esprit?

CAMACHO.

L'un et l'autre, madame, ear elle est docteur en l'un et l'autre genre 1 .

Et il la vante beaucoup ?

On ne peut plus.

Souvent?

Toujours.

LISARDA.

CAMACHO.

LISARDA.

CAMACHO.

11 est donc amoureux d'elle?

CAMACHO.

Non, madame; je ne le pense pas du moins; il a un autre amour qui l'occupe davantage : et cette dame d'aujourd'hui, ce n'est pas pour peindre, c'est pour effacer.

us ARDA.

Quoi donc effacer?

CAMACHO.

Je n'en sais rien, moi... Mais il m'a paru que ce mot d'effacer vous avait piquée... Si vous êtes cette dame, dites-le-moi.

lisarda, à part.

Je me meurs. {Haut.) Non, vilain insolent, infime traître, je ne suis point cette dame : je suis la fille du gouverneur , et l'on ne traite pas ici des affaires d'amour. Tant que cette femme sera dans ma maison, n'essayez pas de lui parler, car cette maison est l'asile sacré de l'honneur. Et si vous revenez ici une autre fois, vive Dieu ! je vous ferai jeter par la fenêtre par quatre domestiques.

CAMACHO.

J'en serais bien fâché! — Quatre, madame ? trois suffisent... Que

dis-je, trois? deux suffiraient... Que dis-je, deux? ce serait assez

d'un... Non, pas même un; la moitié d'un, le quart, un bras, une

main, un doigt, un ongle, c'est assez. Et c'est pourquoi je pars

avant qu'ils m'attrapent. Adieu.

Il sort.

1 Todo, que es dama in utro que Como grado de doctor.

Il y a dans ces deux vers une plaisanterie qni est à peu près intraduisible, quoique très-facile à saisir ; elle consiste dans le mélange do mots purement latins, avec d'autres qui sont les mêmes en latin cl en espagnol, ou qui ont une grande analogie dans les deux langues.

LISARDA.

Mon infortune est telle, que, jusque dans les moindres choses, le bien se convertit en mal.

Cela ne signifie rien, pour tous en affecter.

LISARDA*

Non, Celia, il faut que je sache enfin à quoi m'en tenir. J'en avais le projet ce matin déjà. Je lui ai écrit une lettre par laquelle je lui dis que si, par un moyen quelconque, il peut s'échapper aujourd'hui de prison, j'irai le rejoindre où il voudra. J'ai feint dans cette lettre que moi-même je corromprais mes gardes.

CBUA.

A la bonne heure ! *•

LISARDA.

Et en quelque endroit qu'il me donne rendez- vous, j'emmènerai avec moi cette dame : et si mon malheur veut que ce cavalier soit le sien, je renoncerai à ma passion ; et si ce n'est pas lui, mon amour vaincra tous les obstacles.

CELIA

Eh ! madame, vous savez bien que s'il vous voit toutes deux en présence, ce n'est pas elle à qui ce nouveau Paris donnera la pomme, et que vous le quitterez apaisée.

Tu me flattes, Celia.

CELIA

Non, madame.

Entre FLERIDA avec sa mante.

LISARDA.

Où allez-vous donc ainsi, Laura ?

FLERIDA.

Avec votre permission, madame, je vais à une prison où est mon âme.

lisarda, à part.

Non, je ne puis souffrir qu'elle aille le trouver , quand j'ignore encore si c'est lui. (Haut.) Eh quoil suffit-il dans une maison comme la nôtre de prendre sa mante et de dire : Je vais où il me platt?

flerda.

Je suis tellement préoccupée de mes peines, madame, qu'elles ne me laissent pas le loisir de réfléchir avec attention. Puis , je suis bien venue de Naples ici ; il n'y aura rien d'extraordinaire à ce que j'aille d'ici à la tour.

LISARDA.

Ce sont les personnes chez qui vous êtes qui répondent mainte-

nant de votre honneur ; et que dirait mon père, s'il rentrait et qu'il ne tous vit pas?

FLRRIDA.

Je serai de retour ayant son arrivée ; il n'est pas tard, madame.

L1SARDA.

11 faut que vous m'accompagniez cette après-dtnée en visite.

FLERIDA.

Vous voulez que je prenne patience.

LISARDA.

Vous m'êtes nécessaire.

FLERIDA.

Je serai de retour à l'instant. Je ne demande qu'à le voir.

« LISARDA.

Je n'y consentirai pas.

FLERIDA.

Je reviendrai aussitôt.

LISARDA.

Cela est impossible... vous avez beau vous obstiner, vous n'irez pas.

FLERIDA.

Eh bien 1 vous avez beau vous obstiner, vous aussi, quoi qu'il arrive, j'irai.

Entre LE GOUVERNEUR.

LE GOUVERNEUR

Comment! vous vous querellez toutes deux? Qu'est-ce donc?

lisarda, à Flerida.

Vous ferez par force ce que vous n'avez pas voulu faire de gré.

flerida, à Lisarda. Nous verrons.

LE GOUVERNEUR

Eh bien ?

LISARDA.

C'est madame qui voulait sortir de la maison sans vous parler d'abord.

FLERIDA.

Oui, seigneur, parce que je m'en veux aller.

LE GOUVERNEUR

Quoi! suffit-il de dire : Je veux m'en aller?

FLERIDA.

Je confesse que je devais vous demander la permission ; mais puisque vous savez qui je suis et de quelle manière je suis ici, vous comprenez que je désire aller voir mon époux.

LE GOUVERNEUR

Je comprends que vous désiriez le voir : mais ce n'est pas pour que vous le voyiez que vous êtes notre prisonnière.

FLERIDA.

Moi, votre prisonnière?

lisàrda, à part.

Je tremble que tout ne s'éclaircisse.

LE GOUVERNEUR

Vous avez bien peu de mémoire. —Vous ayez donc oublié la scène du jardin?

Non, seigneur, je ne me la rappelle que trop.

LE GOUVERNEUR

N'êtes-vous point revenue de là prisonnière ?

FLERIDA.

Prisonnière? non, seigneur, je me suis présentée chez vous de plein gré.

LE GOUVERNEUR

Quoil je ne vous ai point trouvée là moi-même?

FLERIDA.

Quoil je ne suis pas de moi-même venue ici?

LE GOUVERNEUR, à part.

Elle me mettrait en colère, si je ne considérais qu'elle est la fille de don Alfonse.

flerida, à Lisarda.

Ah ça, madame, expliquez-moi ce mystère.

LISARDA.

Obi, vous êtes prisonnière, à telles enseignes que vous m'avez dit qu'on vous avait trouvée cachée dans une maison.

FLERIDA.

Moi, je vous ai dit cela ? moi !

LISARDA.

De qui l'aura is-je appris autrement?

Je n'y comprends rien, en vérité.

LE GOUVERNEUR, à part.

Elle le nie encore! {Haut.) Je vous laisse avec elle, ma fille... Pour Dieul remettez-la... Quant à moi, j'y perdrais la tête.

Il sort.

flerida, à Lisarda.

Voyons, dites, m'a-t-on amenée prisonnière ?

USARDA.

Non, ma bonne amie, c'était un badinage.

FLERIDA.

Pourquoi me l'avez-vous soutenu alors ?

LISARDA.

Pardonnez-le-moi, Laura, j'y ai été forcée. Je devais songer à moi.

Vous viendrez avec moi cette après-dtnée, et je vous conterai ce qui en est.

FLBRIDA.

Jusque là je vous suis comme votre ombre.

Liurda, Flerida et Gelia sortent.

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