‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 100 sur 292 · ACTE III, SCÈNE I. i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I. i

SÉMIRA.

De quoi sert-il de vivre pour Tincertitude ? Souffrir continuellement la guerre cruelle des passions réunies, est un poids bien pesant. Ah! ma ckère Druza, vois que d'horreurs se peignent dans mon imagination exaltée : un amant en fureur, un père esclave des funestes oracles; cet empire, dont j'étais héritière, assujetti par de redoutables étrangers qui ne sentent dans leur âme aucune douce impression. Quelles destinées un Dieu irrité aura envoyées au Pérou ! iTn obscur horizon se présente de toute part à mes yeux fatigués.

DRUZA..

Tu me fais trembler ! Pourquoi ne suis-tu pas ton époux? pourquoi ne cherches-tu pas un asile dans ses domaines , rendus plus sûrs que ceux-ci par la main puissante de la nature ?

SEQIIRA.

Chère amie , si un Dieu inexorable a proscrit dan^ sa fureur la xace des nobles Incas , je suis l'unique rameau de leur tronc. Dans quelques lieux que je m'achemine, le mauvais destin, comme une ombre, suivra mes pas : le malheur se trouvera là avec moi; je rendrai malfaisant l'air que je respirerai; la guerre me suivra.. Ah I je ne veux pas envelopper mon amant dans une longue suite.de fatales destinées; ni, devenue barbare, laisser au milieu d'une lutte liorrible les chers auteurs de mes tristes jours.

i86 LA CONQUÊTE DU PÉROU,

Page 1