‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 105 sur 292 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Une salle*

OSCAR, SÉjnRA.

SÉMIRA.

Non, mon cher Oscar, ton noble cœur s'est trop prévenu; nos conqiiërans ne sont pas si durs, si cruels et si redoutables. J'ai rencontré il y a peu d'instans leur chef dans les jardins ; j'allais pour le fuir, quand il m'a priée doucement de suspendre mes pas, et m'a parlé avec affabilité : il employait même ces expressions tendres et caressantes dont tu ne te sers qu'avec moi ; il jurait d'agrandir mon trône en lui joignant de rapides conquêtes. Les Espagnols , m'ai-t-il dit , sont capables d'éprouver les ravissemens de l'amour et ses plaisirs.

OSGAlt;

Et tu as pu, dans ta crédulité, t'appropher d'un monstre dont le souffle empesté empoisonne et donne la mort? Les imposteurs ! l'innocence ni la yertu ne peuvent échapper à leurs serres cruelles. Fuis , innocente Sémira , les pièges tendus par des désirs indécens. Il faut t'apprendre , ma bien-aimée , que ces tyrans feignent des passions que, leur cœur ne ressentit jamais : celles qui les dominent sont féroces comme eux, et leurs effets épouvantent l'amour.

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