‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 106 sur 292 · ACTE III, SCÈNE IV. igi · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV. igi

SÉMIRA.*

Je ne puis concevoir comment la perfidie sait cacher son horrible poison sous de flatteuses apparences; de quelle manière la langue peut-elle exprimer ce que ne ressent pas un cœur insensible? Tu me fais trembler !.•. liCS dieux ne punissent-ils donc pas le crime ? pourquoi voyons-nous l'inconstante fortune être si favorable à leurs projets, les élémens à leurs ordres déposer leur fureur , l'ardent éclair s allumer sur la terre, et le tonnerre gronder avec un bruit terrible ?

OSCAR

Souvent le soleil emporté dans son cours laisse le crime impuni jusqu'au moment où se lasse son bras vengeur. Tant d'outrages doivent attirer ses foudres, plus à craindre que celles qu'ont inventées des mortels adroits. Sommes-nous les seuls offensés? la cupidité destructive a profané le temple majestueux du soleil ; ils ont arraché de ses autels, d'une main sacrilège , les lames éclatantes qui les ornaient. Partout oii brille le métal qu'ils cherchent avec avidité, on voit les Espagnols le dérober sans honte; ils ont déjà jeté leurs regards cupides jusque sur le simulacre le plus auguste. Vois quelle est la confiance que nous pouvons avoir dans ces impies. Ton pèré^ s'épouvante d'oracles imposteurs qui n'effraient que les âmes sans fermeté. Les conquérans! connaissent déjà la faiblesse de son caractère ; ils domineront bien promptement sur ce malheureux empire.... Mais, que dis-jel tant qu'Oscar existera

iga LA CONQUÊTE DU PÉROU,

elle ne sera jamais esclave, la patrie de celle que le sort avait destinai en des jours plus doux à ne faire naître que le plaisir.

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