‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 118 sur 292 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

• Un jardm.

SËMIRA, AKALÏA, DRUZA.

SEMIRA.

Les maux du Pérou s'enchaînent par de secrets destins; une passion funeste allume le flambeau de la discorde : qui dirait que des hommes couverts de fer, armés du feu , méprisant la mort , sont sensibles aux enchantemens de l'amour !

AKALtA.

Ah ! n'appelle ][>oint amour de coupables passions. Ces métaux que nous prisons si peu , la richesse et l'étendue de notre fertile territoire , voici l'origine de ces terribles tempêtes. C'est seulement pour assurer sa conquête que le barbare veut unir les droits donnés par la nature à ses audacieux projets : on ne rencontre pas plus un amour héroïque dans ces coeurs nourris de sordides désirs , qu'on ne peut gagner par la force l'inclination des âmes nobles.

ziz LA CONQUÊTE DU PÉROU,

DRUZA.

Si tu eusses embrassé mes conseils , fuyant à Fifi-' stant Faspeetdeces monstres qui n'ont d'humain que l'apparence , combien de niaux tu aurais prévenus , qui augmentent encore 4iotre infortune !

SÉMIRA.

Qui aurait pu, à travers l'obscurité des temps ^ prévoir sa destinée! et combien de liens chers au cœur j'étais forcé de rompre ! Quelle misérable existence serait la mienne , si j'ignorais le«ort de mes parens et celui de ma patrie insultée ! Cependant si ce cruel persiste encore dans l'idée de rendre esclave de ses fougueux caprices une amante, une fidèle épouse, allons nous cacher parmi des rochers sauvages , sur les confins du royaume de mon cher Oscar. J'entends du bruit : c'est Pizarre qui vient. 0 ciel ! quelle rencontre !

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