SCÈNE IV
Les mêmes, ATABALIPA, PALIMA et INGACU.
ATABALIPA.
Fille adorée, qui t'insultes? et que prétendezvous faire tous deux enflammés de haine ?
( Il court avec Ingacu vers Pixarre. ) PALIMA, à Oscar.
Ton caractère emporté veut nous jeter dans l'abime.du malheur.
OSCAR
Je veux sauver le Pérou ; vous me ravissez le plus heureux des momens : peut-être aujourd'hui même serez-vous punis de votre compassion.
2i8 LA CONQUÊTE DU PÉROU,
ATABALIPA.
Excusez, Pizarre, les fougueux mouvemens d'un jeune homme plein de courage. Je ne désire qu'une chose f c'est que la douce harmonie de la paix règne dans ce pays tant que les destins vous y retiendront. Venez, ami , recevoir l'or que je vous offre..
PIZARRE
Combien tu te trompes ! tu penses pouvoir acheter Pizarre par ton or. Â^rends, homme orgueilleux, que mon cœur nourrit de plus nobles idées : la guerre peut rendre ma fortune plus brillante.
OSCAR
, Oui , c'est au champ de bataille que je t'appelle ; c'est là qu'à la tête de mes braves sujets, et n'étant plus retenu par des bras que je respecte, je prétends te renverser, orgueilleux Européen. Tes foudres illusoires ne m'effraient point; nous avons déjà les oreilles accoutumées au son rauque de tes machines fumantes. Nos flèches sont toutes empoisonnées, leurs coups sont mortels : nous ne manquons jamais le but. (Il montre une flèche. ) Celle que tu vois t'est déjà destinée, infâme : si tu as quelque valeur, viens me chercher environné de cette troupe méprisable que l'Espagne a repoussée de son fatal sein.
PIZARRE
Oui, insensé, dans bien peu d'instans le fer et le feu te feront connaître combien sont faibles ces armes que tu opposes à l'ardent éclair : c'est toi seul, qui, aveuglé par ta fureur, as déclaré la guerre que je voulais éloigner de cet empire, en montant au