ACTE V, SCÈNE XFII
combattajit sur le champ'de bataille / c'est que j aurais accompli courageusement mes devoirs. Est-ce un crime de défendre son trône et sa chère patrie? Mais tu ne sens ps^s la flamme de la vertu ; dévoré des fureurs de Tavidité , tu cherches un faux prétexte pour couvrir tes crimes ; mon empire et mes trésors me condamnent à la mort la plus injuste et la plus inhumaine.
PIZARBE.
Qu'on l'emmène; il sera exécuté selon les lois de la guerre , pour servir d'exemple aux autres qui essaieraient de se soulever.
( Les soldats veulent remmener. ) PALIMi.
Arrêtez , cruels ! Noble Pizarre , ( elle se jette à ses
pieds f ainsi que Sémira, AkalliUy Druza et Ingacuy considère la plus terrible douleur ; pardonne à un infortuné; ses crimes sont d'être père et d'être roi. Je te cède le Pérou; la vie de mon époux vaut plus à mes yeux que le monde entier.
SÉMIRA^
Être fortuné, ne sois pas insensible au' cri de l'humanité ; vois à tes pieds 1 épouse, la fille du dernier des Incas. Dans leur consternation elles n'implorent de toi que l'existence de l'innocence opprimée. Vois ce palais, ce trône, ces trésors, ce vaste* empire, tout est à toi; rends-nous seulement un malheureux que ton atroce politique condamne à la mort la plus injuste et la plus cruelle. Fugitifs, errans parmi les bois, nous aurons pour palais une grotte obscure. La nature, si bonne, si prévoyante, nous
ft38 LA CONQOtTE DU PÉROU,
prëseatera d^une main compatissante les fruits dc^ ai:*bres sauvages. Vis heureux au milieu des grandeurs que t'accordeTinexorable destin; mais laisse— toi adoucir par ces larmes et par ces sanglots , que la douleur la plus cuisante arrache de mon sein.
PIZARRE
' Contemple sans te troubler^ femme altière et ingrate, la juste coiiséquence de tes dédains. Regarde ton père chargé de fers ; tu verras bientôt mon rival dans un état plus triste encore. Tu m'as enseigné à être dur et cruel. Tu as ordonné les horreurs de ce jour.
s EMIR A. Elle se lève et va se jeter aux pieds d'Almagro.
Otoi; qui es plus humain et plus sensible^ toi qui m'as déjà accordé ta protection ; ouvre-moi ton cœur, modère la furie des barbares passions , accomplis ces promesses que tu m'as faites avec tant de générosité il y a peu d'instans.
ALMAGRO
La loi doit s'accomplir, elle a plus d'empire sur mon âme que les clameurs d'une faible femme , Icjui ne sait que soupirer. (J part. ) Elle va me trahir... et ne se venge point...,
PIZARRE, èpart.
Alinagro protecteur ! La trahison se découvre sur son visage. Oh! parjure! ton sang va couler pour mon repos.
ff SEMI R A , se levant avec fureur.
Barbare ! je te ferai sentir des remords égaux à