TRAGÉDIE EN CINQ ACTES
Par Mahdei^Gaetano PIMENTA DE AGUIAR.
SUR
LE CARACTÈRE
DES LUSITANIENS
Aucun sujet ne semblait plus susceptible d'enflammer le génie d'un poète portugais que la mortdeViriatus : tout ^ dans laLusitanie^ rappelle encore ce grand bomme. On connaît les lieux où il sut vaincre les légions romaineai) Ton découvrit méme^ sous Jean III^ son tombeau, et Ton vit répée dopit il s'était servi tant de fois pour la liberté de son pays : mais elle fut donnée à un babitant de Madère. Et, comme le dit éloquemment Faria , ce fut ainsi que disparut en peu de jours ce qui n'était apparu qu'à la fin de tant de siècles.
M. Pimenta de Aguiar^qui a déjà consacre son talent à mettre sur la scène les grandes ac-* tiens que rappelle l'bistoire de Portugal , a
t»52 NOTICE
choisi cette fois Iç inolneiit où les Romains se trouvent réduits à la dernière extrémité par un petit nombre de soldats. Il nous représente ce pasteur devenu guerrier pour chasser d^injustes conquérans , et il noils fait voir en même temps le génie simple mais courageux de ses nobles compairidtes. On y reconbàtt le trait historique suivi dans presque toute sa simplicité; il règle continuellement la marche de la pièce jusqu'à la catastrophe , qui inspire bien plus d'horreur quand an se rappelle que rien n'appartient à la action w
C'e^ Fatnour coiqilgal, poussé jusqu'à l'héroïstiie ^ que l'auteur a employé pour répandre de l'ifltérét dans la tragédie j il nous a représenté deux intrépidei» lAisitani^nsies pénétrant dans le camp ennetni pc^ut satiTcfr leurs époux. Ces scè* lies sdtft vraiment dramatiques et peignent bien le génii^ des femmes^ de la nation ^ on se rappelle cpiè trois cents captives ^ emmenées par les Romains^ exécutèrent en partie le trait de nos deux héroïnes. Peut-être trouvera-t-oo qti'Oriïfia et sa conEpagne ne GouGoun^nt pas sufïisaiiltnent à la marche du reste de la pièce , après eh avoir été un des principaux ïiiobiie^; on voudrah
SUR LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS. i>£i3
même qu-Aristéa fut réponse on. l%mante de Yirialsis y afin que la mort du bëros parodtiish eueore plu& d^eâet sur les spectateurs en les in^ tërefisant pour une femme qu'il aurait aimée»
L'intention de Fauteur a ëtë ëirideinment de faire ressortir le personnage principal ^ en ëloi' gnant de lui tout ce qui eut ëté ëtranger à la yëritë ; il y a rëussi , mais c'est sans doute aux dépens de l'effet thëatral : toutes les fois que Viriatus paraît on l'admire y con^me il se fait admirer dans l'histoire, fin général^ ses discours sont pleins de noblesse et d'enei^ie, et doivent produire le plus grand effet ; mais on les tmu-r vera peutr-être trop longs , et le beau récit du premier acte y où le héros rappelle» à ses èom-»patriotes les motifs qu'ils ont de haïr les Ro<^ plains^ exigerait la suppression d'une foule de détails , quoique les faits y soient rapporte^ avçc une sorte de concision.
Je ne sais si l'on supporterait sur notre théâtre l'espèce de surprise faite à Viriatus , lorsque les deux gënëraux lui présentent leurs épouses. Il semble que dans cette occasion M. Pimenta de Aguiar ait manqué aux règles du goût sans produire l'efUbt dramatique qu'il
attendait ; 9L veut prolonger Fintërêt qu'il a excite pour les Lusitaniennes y et il ne fait que FafTaiblir. On n'aime point à entendre faire le récit de ce dont on a ëté spectateur, et tout ce que raconte Aristéa ne sert qu'à ralentir l'ac-. tion , puisqu'on attend avec impatience le résultat des ëvénemens qui se sont passes dans le camp romain.
Les caractères sont fort bien tracés et se soutiennent jusqu'à la fin , à l'exception peut-être de ceux de Distaléon et deMinurus, qui montrent d'abord quelques sentimens de noblesse , pour se laisser ensuite entraîner au crime par la plus basse séduction. Il faut louer M. Pimenta de Aguiar des beaux vers qu'on rencontre dans son ouvrage : le style en est surtout plein de force , quoiqu'il se ressente du défaut que j'ai précédemment indiqué.
LE CARACTÈRE
DES LUSITANIENS
PERSONNAGES
VIRIATUS , général en chef des Lusitaniens.
CORROBA , général des mêmes.
GURIUS , général des mêmes.
APULËIUS , général des mêmes.
DISTALÉON, 1 , , ., • j 1 T » •
MT \riRTTS I S^^^^^^^ étrangers , au service de la Lusitanie.
ORMIA , épouse de Gurius.
ARISTÉA , épouse d'Apuléius.
QUINTUS SËtlVILIUS CÉPION , consul , général en chef
des Romains.
MÉGI PS A , roi africain , allié des Romains. MANILIUS, général romain.
HlUPÉÏllC ^ léserai africi^«.
La schne se passe dans le camp des Lusitaniens.
LE CARACTÈRE
DES LUSITANIENS
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