‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 149 sur 292 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

tJn champ de bataille jonché de cadavres , d'armes et de dé* pouilles. Une partie de Tarmée lusitanienne rangée en ligne , avec les aigles et les étendards pris aux Komains.

VIRIATUS , CORROBA, DISTALÉON, MlNtlRUS.

VIRIAT08.

Ijompagîïoks , célébrons aujourd'hui de la manière la plus heureuse et la plus brillante le fatal aniversaire qui nous rappelle les trahisons de rinfàme Galba : cette vaste campagne est jonche'e de cadavres romains dont nous envoyons les âmes à Pluton, pour Fapaiser. Ces aigles superbes, dont le vol ef- Irayait le monde, et qui, toujours inquiètes, ont traversé les cimes hérissées des Alpes, sont tombées mille fois à nos pieds. Ces trompeuses bannières qui flottaient orgueilleusement agitées par le vent, et dont le reflet faisait pâlir les nations prévoyantes ,

Théâtre Portttgais, l 'J

5t58 LE CARACTÈRE DES LUSlTAlJIElNfS,

ont été renyer^ees sous le coup yaÎ9|t|ueuéi^ dans les campagnes de la fertile Lusitanie. Nous avons acquis à jamais ces arm^s, ces dépouilles ; et , ce q}fi est plus encore , une gloire qu^ ne mejart pas. Que la race de ces hommes ^'^ féroces soit exterminée par les bras lusitaniens , tant qu'ils fouleront la terre auguste de notre chère patrie !

CORRODA..

Mon épée a yengé le sang des nobles mains que le frère de l'homme vaincu par vous aujourd'hui a fait couper aux héros qui défendaient les postes avancés. Il avait fallu que des privations de toute espèce y que la faim nous fit céder: les armées romaines ne purent gagner , pendant un long espace de tenipSy un pouce dé terrain. Confians dans des lois sacrées y et dans les usages reçus par toutes les nationS| nous capitulâmes en sauvant notre'vie^ nos armes et la gloire. Nous n'étions que cinq cents ^ soutenant dans un poste inaccessible l'attaque des légions choisies que le vil Servilianus avait au- /jdacieusement amenées pour nous subjuguer. Quand je me rappelle la manière perfide dont le monstre fit mutiler ces mains qui lui avaient causé une si grande terreur pendant qu'elles étaient armées^ je me . sens des désirs de boire tout le sang des Romains y qui ^ dans leur perversité, ne sont nés que pour l'horreur.

VIRIATUS..

C'est ainsi qu'il en a toujours été agi par les habitans du Latium , quand leurs légions mettent eu déroute les hommes courageux qui ne savent point

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