‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 156 sur 292 · ACTE I, SCÈNE IL 26g · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL 26g

mains, sanguinaires, traîtres , vindicatifs, parjures, îndiffërens à cet honneur qui inspire de la compassion pour le vaincu , les Romains qui n ofrit d'humain que les formes exte'rieures.... Vous êtes le père de la patrie ; s'il en est encore temps , sauvez des mains de la cruelle perfidie deux hommes courageux que la patrie elle-même réclame dans sa douleur. ^

VÏRIàTOS;

Nous avons remporté la victoire. Sur le champ où nous avons combattu , les clairons sonores ont I fait retentir dans les airs les sons joyeux du triomphe. Devant nos phalanges , nous avons vu fuir au delà des montagnes les aigles ravissantes emportées par la terreur d'un opprobre infâme : de ri- '^ ches dépouilles, mille étendards abandonnés, d'ini * nombrables captifs, tout atteste ^n ce jour nos hauts if faits. Cependant, quand nous pensons à ces héros que \\ vous pleurez, et qui sont; restés prisonniers parmi è des traîtres, je puis dire que la victoire a été inil grate pour nous, et qu'elle a voulu que les plus rila ches dépouilles appartinssent aux Romains. Jof- ,! frirai en échange au parjure les légions captives. )ii! Deux Lusitaniens, qui ont fait Hîaillir sur Ja patrie If une gloire éternelle valent plus à eux seuls que ^ Rome elle-même.

iot ORMIA.

Puisque vous donnez de l'importance à notre chagrin , et que vous connaissez l'origine des sou-* pirs qui nous oppressent, préparez avec sagesse et activité le remède qui convient à un mal si vlT'^

270 LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS, gent. Nos cœurs se reposent en tous; vous savez apprécier les hautes vertus* Cette cause, seigneur , touche Fami presque autant que Tépouse.

VIHIATUS.

Je pars; reposez-vous. Je verrai bientôt avec joie dans vos bras deux héros que j'estime. Servilius doit accepter mes offres; elles iront au delà des espérances qii'il |teut nourrir dans le triste état où il se trouve : il reconnaît déjà, par une fatale expérience, que nous savons venger les insultes quelles qu elles soient. Amis , délivrer qui nous a donné tant de fois la victoire est le devoir le plus doux et le plus noble.

corrobâ.

S'il est nécessaire , je donnerai mon sang pour arracher deux foudres aux Romains.

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