ACTE II, SCÈNE III. a8i
dérobé des momens imtiMDrtels ! L'amour, qui allume sa flamme dans les coeurs les plus sensibles^ doit guider nos pas au milieu de la nuit. C'est non loin de ce bois, entre des rochers escarpés, que l'infâme Servilius est venu chercher un asile dans sa déroute. Couvertes de ces armes qui ne rappellent parmi nous que la trahison ^ nous pouvons pé^ nétrer dans le camp ennemi « Nous sommes deux soldats , qui , échappés à la fureur des armes lusitaniennes , viennent retrouver leur corps. Les vils Rom«iins ne pensent pa$ que les femmes de ce climat s'exposent à d'aussi grands hasarda. Les justes dieux doivent nous seconder ; si nous délivrons nos époux chéris , nous* serons dignes du nom lusitanien ; si nous périssons , notre mort sera un nouvel aiguillon qui augmentera l'implacable haine si funeste à Rome.
OUMU.
A^ant que le soleil écartç de ses rajrons le man^ teau favorable de la nuit , parsemé de brillantes étoiles , nous serons ou dans les bras de nojs époux , devenus libres , ou sur les rives de l'effrayant Léthé, emmenant avec nous les mânes de parjures ennemis. Patrie ! époux ! de quelque manière que ce soit, vous
serez venges.
(EU9S sortent.)
2t82 LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS^