ACTE l, SCÈNE IV
armé du pouvoir ^ enflammé de rage , escorté par la vengeance et par les furies , celui à qui pour mon malheur je dois l'existence; s'il a le dessein d'être un tyran, il trouvera en son fils un ennemi capable des plus efFrayans attentats ! Dans de sem> blables cas les crimes ne sont pas des crimes, ils' deviennent le devoir indispensable des grandes âmes. Je n'irai point l'attendre.
.DON SÂNCHE.
Seigneur , que fais-tu ?
UON PÈDRE. •
Ce qu'il me plaît de faire.
INEZ
0 ciel! effrayée par tes discours, je ne puis même tirer de mon sein de tremblantes paroles ; les larmes que je répands parlent pour moi , ne me consterne pas davantage. Âh! va, ne tarde point, vole à la rencontre de ton père, si tu ne veux pas faire mourir d'affliction ton épouse.
DON PaDB E , après âtre resté quelque temps pensif , dit avec! air delà re'solulion.
Je vais te satisfaire ; je pars ; je vais déchirer le prudent bandeau du secret: qu'il sache, oui, qu'il sache , Alphonse , avant d'entrer dans les lieux habités par Inez, qu'il doit la respecter comme princesse, et qu'un lien indissoluble m'unit à elle.
(11 veut partir; dop Saache le retieat. ) DON S ANCHE.
0 ciel L ne fais point une chose semblable ; réfléchis plus mûrement; attends une occasion plus favorable pour lui révéler un tel secret : ne va pas
aigrir la colère d'Alphonse , tu sais ce dont il est capable' dans le cruel transport de ses fureurs.
DON PÈDRE
De quoi? de rien. Il doit me redouter davantage que je ne le crains; s'il allait contre Inez^... ah ! je n'ose le penser ; pour venger sa moindre insulte^ tout le sang humain serait encore trop peu.