SCÈNE IIL
Les mêmes, MINURUS, MAJÎILIUS, HILPÊRIC.
M/kNILIUS. *
Vous savez, seigneur, que la guerre est inconstante que le vainqueur orne un jour son front de lauriers martials , qu'il voit flétrir plus tard par un coup imprévu. La raison et l'humanité doivent toujours marcher devant les cohortes guerrières. La haine doit cesser quand le vaincu offre les conditibnis les plus avantageuses , et veut capituler en sauvant son . honneur. C'est pourquoi le général de l'invincible Rome, commandant ses cohortes dans la Lusitanie, propose, par mon organe,* la suspension solennelle de toutes hostilités. Il veut une trêve afin de brûter les morts et de soigner, les blessés. Vous savez que ces motifs sont respectés par une loi de la nature. Loin du fracas des armes et des combats, il teut vous jurer une paix constante, reconnaître pour toujours l'indépendance de toute la Lusitanie, et se ,i*etirer avec ses troupes au delà des limites que le traité aura marquées. Que la guerre finisse entre deux nations rivales et redoutables.
3io LE GAHACTÉRE DES LUSITANIENS,
HItPÉRIC.
Mécipsa , ce grand roi quf domine sur les terres de l'Afrique, ce roi sage et généreux, Fallië le plus constant du suprême sénat, m'envoie vers toi. Les traités solennels contractés avec la grande nation qui effraie l'univers , l'ont contraint à abandonner son trône pour venir dans ton pays les armes à 1^ main • La victoire a fiivorisé les troupes lusitanflRnes ; et , quand un consul de la sublime Rome offre la paix , il n'hésite pas à la proposer aussi, reconnaissant l'indépendance héroïque et soutenue A% cette brave nation , qui se rend digne de la plus haute estime par son noble caractère.
VIRIATUS.
: Gomn^nt ce monstre de perfidie se hasarde-t-il à nous proposer la paix, quand il a été mis en déroute, quand il est fugitif? Ne fut-ce pas Servilius qui, uni à ce frère que l'on voit dans Rome souffrir le poids, d'une intrigue suscitée par la trahison fraternelle , jura déjà une fois la paix en tremblant, dans , ces campagnes, où les aigles romaines n'élèvent plus : leur vol effrayant? ne futce pas Servilius qui hiet* MOUS laissa maître du champ de bataille, des armes, des bagages, des phalanges entières soumises à notre valeur? Est-ce ce même consul qui, dans son insolence , et sans peut-être se rappeler que le vil parjure tranche d'un seul coup les liens qui retiennent l'honneur, se hasarde encore à vouloir nous tromper? Qui se sert une fois de la perfidie est disposé à employer mille fois cette arme infâme. Point de paix avec qui ne prise pas l'honneur, avec