‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 188 sur 292 · ACTE IV. SCÈNE m. 3iï · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈNE m. 3iï

qui les circonstances limitent senles le pouvoir des sermens les, plus sacres. Les Lusitaniens ne sont pas faits pour être les jouets de Rome. Ceux qui passent les Alpes oublient à llnstant tout ce qu'ont signé leurs astucieux généraux. Guerre , et guerre active et interminable avec les tyrans qui veulent tout dompter par les lois de la force , qui viennent dérober aux peuples paisibles le sol paternel, qui ne respectent point les conventions so-* claies f qui ne se réjouissent qu'en nageant dans le sang des nations. Dites à Servilius que les guerriers lusitaniens ne remettront point le glaive dans le fourreau sans le voir prisonnier, lui et ses soldats. S'il désire la vie , qu'il rende les armes, qu'il s'en rapporte avec confiance au noble caractère de mes compatriotes.. Dans le cas contraire, nous allons le persécuter et le combattre, jusqu'à ce qu'on voie rester dans les campagnes que nous habitons le dernier des soldats de cet . in&n^e troupeau , envoyé par Rome pour empester la terre, {A HUpérie. ) Et toi , qui as entendu mes inaltérables décisions, Africain, victime de 1^ séduction, tu diras de ma part à ton monarque qu'il ne soit point le fauteur du despotisme, qu'un souverain cesse de l'être dès le moment où il s'allie à Rome; dis-lui qu'il brise eh guerrier ces liens honteux qui l'attachent au sénat y qu'il n'estime que l'honneur, et ne soit plus un vil esclave. Je lui donne la liberté, qu'il sorte avec, ses soldats des contins de la Lusitaiiie. Que ces coursiers Numides, ces énormes éléphans qui lui restent encore, aillent inspirer la terreur aux peuples faibles. Cette franchise doit

3^a LE CARACTÈRE D£S LUSITANIENS, exciter rhonneur; que les ruses habîtuelliss de& Romains ne viennent pas rompre mes promesses.

MANlLlUS.

Si la guerre nous a été contraire hier , général , il se peut que bientôt elle veuille nous favorise^ de nouveau. Si les Lusitaniens ne supportent point d'insultes , les fils de Mars , dominateurs d'immenses régions , en reçoivent encore mcAns. De grands rois s'empressent à jouir du titre élevé d'alliés de Rome , ils comptent ce bonheur au nombre de leurs triomphes. Vos conditions sont bien dures! Aussi, plutôt la mort. Considérez que le sénat furieux, uni au peuple-roi , viendra nous venger ; que ces débiles ressources que présente la faible Lusitanie, une fois livrées à la haine, seront anéanties dans une lutte effrayante avec un grand pouvoir. Vous qui avez juré de sauver votre chère patrie, considérez que les moyens les plus doux et les plus sûrs sont ceux que le consul vous propose. Abandonnez une rancune toujours incompatible avec les grands génies. ,

VIRIATUS.

C'est assez de séductions , c'est assez de feintes , je refuse ces avantages prônés par des bouches perfides. Des expériences réitérées nous ont fait connaître ce qu'ont de sacré les sermens que vous faites dans l'abattement. Si les armées étrangères dominent le territoire lusitanien, ce sera quand le dernier de ses enfans manquera pour le secourir.

MAJSILIUS.

Pte vantez pas les principes rigoureux d'une au-

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