ACTE V, SCÈNE III
la Grèce jusqu'à Fembouchure du Tage? Ces têtes séditieuses seront bientôt renversées, les autres guerriers traîneront comme esclaves le char de leur vainqueur. Voyez maintenant s'il convient d'épargner les plus grands maux en tuant un monstre qui tient à sa main l'horrible flambeau de la discorde ; voyez si vous ne devez pas donner à l'Europe le repos^ à la Lusitanie une existence heureuse, devenir les amis de la nation suprême, et jouir dans son sein des honneurs , de l'opulence et du faste , dignes récompenses d'une action aussi grande qu'elle est juste.
MINURtJS.
Je suis déjà convaincu, et je cède aux prières que vous me faites au nom du sénat. Mais l'important c'est que l'on ait égard ici à la cause que nous embrassons si docilement. Meure celui qui s'est déclaré l'implacable ennemi de la nation suprême* Quand la fortune nous présentera un moment opportun, celui qui entraîne sa patrie affligée dans une ruine totale cessera d'exister.
SERVILIDS.
Et toi, cher Distaléon, ne veux-tu point imiter l'héroïsme de ton collègue? Immobile et taciturne, tu ne confirmes pas des promesses aussi utiles au monde.
DISTALÉON.
Je sens encore s'élever dans mon sein une voix puissante qui enchaîne mon bras. J'y penserai à loisir; mais, je jure aux dieux la foi -constante d'un éternel secret.
a^o LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS,
SERYILIUS.
Éteins dans son cœur, bon Minurus, l'impression profonde d'un faux honneur. Le véritable déshonneur^ c'est de suivre les honteuses bannières arborées par la réroltej d'avoir pour son chef un brigand turbulent y d'embrasser le parti d'un misérable peuple. Mais il y a de la gloire à recevoir le commandement des légions romaines, à suivre le vol des aigles victorieuses jusqu'aux extrémités delà terre. Qui délivre une nation .escl^^ve d'un homme cruel devient un immortel héros. Manilius, remets les présens que j'offre ; accompagne nos amis au delà du camp : ils peuvent faire briller aujourd'hui sur ce pays l'aurore d'un jour plus heureux.
MINUBUS.
N'en doute pas , Minurus va se montrer le digne fils de Rome. Adieu, Sèfrvilîusi.
( TIssoHent. )