‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 203 sur 292 · ACTE V, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE

MINURU5.

Quelsi prësens Rome pourra-t-<elle accorder qui équivalent aux risques de cette action ? Quelle çpm^ pensatiôn dois-tu nous offrir ? C'est de nous qu il dépend , consul , de te sauver d'un opprobre infâme j, de préserver les restes de cette arasée i^i , dans son arrogance^ a marché contre nous^ Qui nous assurera le salaire 4e tels sçrviee^? . ^ii. . ■

SERVIIIUS.

L'honneur de Servilîus/ l'éminente dignité d'uil consul > la ^i romaine » le caractère immuable des augustes magistrats qui gouvernent la maiiressè du monde ^ ces héros qui sont à ma disposition. Manilius , remets entre les mains de Famitié une plùâ grande quantité de Cet or ; il doit dissiper les nuages qui obscurcissent Thorizon , et qui portent dans leur sein une horriblef tourihente.

KiHuaus.

Parle i Distaléon^ ouvre ton P9Wr. Vois si tu veux échanger un service pénible ^.la.'ofirant que de faibles récompenses, centre le$ hautes promesses garanties par un consul des Romnins, contre cet or^ dont sa main libérale nous offre une immense quantité.

piaXALÊOK.

Je consens à abandonner les étehdards lusitaniens dont je suis fatigué , pour suivre la fortune de Rome , mais je rejetterais le monde entier en échange de cette infamie qm retombe sui» l'auteur d'un assassinat.

ThéHtrt PortugM», 22

SEBVILIO'S.

Toujours trompés, rous soutenez que* c'est un crime de délivrer Thumanitë de son fléau? Quel est cet imposteur qu'on voit immoler orgueilleusement à ses caprices le^ malheureux qui le suivent ? Estce Un homme supérieur, né du sang auguste des héros? Considérez cet être vil dès son enfance, humble gardeur de quelques brebis , qu'il faisait paître au milieu des montagnes rocailleuses; il s'accoutuma au brigandage, et, en abandonnant une faible houlette, sa ^lain trompeuse saisit le glaive et. le po^nard. Il devint alors le chef de quelques fugitifs, ,que. leurs crimes avaient fait bannir. Descendant, comme un torrent dévastateur sur des peuples san^ armes, lui. et les siens commirent des atrocités n'ayant pour résultat que l'horreur qu'elles inspirent. Mais, quand il eut trouvé le. prétexte qui ouvrit un champ étendu à son génie sanguinaire , il cacha le nom infâme de brigand sous le titre pompeux de défen^èfiit* de la patrie. Les Lusitaniens donnèrent-trop dett'édif à ses impostures, et, en écoutant la voil de fà vengeance, ils oublièrent ses crimes. Ronife désapprouva l'atroce perfidie de Galba, et laissa flétrîr par le mépris ses lauriers qui dégouttaient encore dans le Tibre du sang de l'innocence. Nous voulûmes purger la Lusitanie de cette bande audacieuse qui outrageait le nom des Rom^n&. Nos aigles ont souffert quét^ quefois des insultes de l'inconstante fortune; mais que peut. faire une troupe dissolue* contre cette Rome guerrière, qui domine depuis les confins de

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