‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 228 sur 292 · LA PAYSANNE · texte numérisé non relu

LA PAYSANNE

Ces hommes sont fous ; qu'ils aillent à tous les diables ! Venez-vous pour vous moquer de moi ? Voulez-vous bien vous retirer?

(Elle sort.) DON QUICHOTTE.

0 fantôme animé ^ ne t*avilis pas par ces refus éelatànsi Ces enchanteurs me persécutent tellement , qu'ils le changent entièrement à mes yeux . Cepen4ant^ ô vile canaille, un temps viendra oii je me vengerai de vous I

3ffi DON QUICHOTTE,

Je puis dire que votre seigneurie montre un goût excellent , en aimant madame Dulcinée. Je n^ai jamais TU une personne plus remarquable ; je n'ai pu me contenir ^^^ voyant tant de'grâces«.

DOH QUICHOTTE.

0 fortune Sancho! toi qui as été assez heureul pour voir malgré les enefaantemens et les transformations cette divinité humaine , dis-le-moi^ elle est bien belle ?

SANCHO

Elle est plus que belle. Si vous aviez vu ses yeux, ils ressemblent à ceux des choux de Murcie ; son nez était capable de renverser un homme d'admiratiçn. On aurait dit que son corps était un corps de délit ; il tuait tout le monde. Je n'ai pas vu ses cheveux , je n'ai pu apercevoir que deux insectes qui sortaient par les trous de sa coiffe ; mais ce qui m'enchantait le frtus était de voir sur son cou ces jolis rides qui ressemblent à des gimblettes. Je confesse que, si je n'avais pa« été marié , la charmante Dulcinée ne m'échappait point.

0 Sancho ! attends un moment. Ne vois-tu pas venir un château mouvant, avec un grand nombre de personnes dedans. Un grand jour nous est réservé. Dieu soit avec nous.

( On voit paraUi:« un char tirt^ par une mule qu« conduit un diahla; elje traîne la Mort, Cupidon, un ange, un empereur, et quelques aulre) pei:soouages virJiemçui véfus. )

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