‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 229 sur 292 · ACTE 1, SCÈNE TIF. SgS · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE TIF. SgS

Ah ! malheureux Sancho , où t*es-tu fourré ! J'aurais bien mieux fait de rester danjs mon village que de venir voir ces gëans affamés.

Que crains^tUy poltron ? Regarde ^ ne vois-tu pas ces géans vivans? Eh bien, tu vas les voir morts tout à l'heure. 0 vous ! qui que vous soyez., ditesmoi où vous allez .

LE DIABLE

Seigneur , nous sommes de pauvres comédiens qui allons représenter un acte sacramental dans une ferme du voisinage ; je remplis le rôle du diable, voici lange,* la mort," un empereur; mes autres compagnons sont chargés de représenter différens personnages.

Voilà qui prouve que Ton doit bien réfléchir aux choses que l'on veut faire avant que de rien eilire-' prendre; si vous n'aviez pas déclaré qui vous êtes, je vous, aurais tous tués, croyant que vous pouviez être des géans ou des enchanteurs.

SANCUO.

Que Dieu vous envoie de bonnes nouvelles : j'étais déjà sans une seule goutte de sang dans les veines. ( Un diable sort ayec ses grelots, le cheval de don Quichotte s'effraie , et il tombe à terre ; le dia^ hle monte sur le grison de Sancho. ) Jésus ! au nom de Jéfi^us ! mon maître s'étend par terre ! ne tombez pas, seigneur, attendez que j'aille tous secourir.

Âï! aï 1 aide-moi y Sancko; je me suis brisé les reins*

SANGHO.

Ah ! seigneur ^ le diable qui m'enlève mon grison. Grison de mes yeux ^ toi que je monte avec tant de satisfaction ; centre de mes affections , que deviendrai-je sans tes braimens sonores. C'est moi qui dois pleurer , seigneur ; le diable m'enlève mon âne. '

. Quel diable?

SANGHO.

Le diable aux vessies. Par le nom sacré de Jésus , par la vie de Ferrabras , rendez-moi mon âne , seigneur diable.

Far la vie de Dulcinée , ceux du char me le paieront. Attendez , troupe joyeuse et folâtre , je vous apprendrai comme se traitent les ânes appartenant aux<écuyers des chevaliers errans.

(Uâne paratt. )

SANGHO.

Seigneur^ ne nous battons pas ^ le gri&on est déjà ici ; évitons toutes ces morts.

C'est fort bien ; la prudence vaut quelquefois mieux que la valeur. Allez en paix.

SANGHO.

L ave^vous entendu ? Bien vous en a pris d être protégés par mon âne ; s'il ne paraissait point , tout passait au fil de t'épée.

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