ACTE I, SCÈNE IV
aller si loin^ il n y a pas deux jours que ces mêmes enchanteurs ont transformé madame Dulcinée, la plus charmante déité qui ait jamais chaussé le cothurne , en une paysanne sale et dégoûtante. (?est pourquoi , seigneur , vous comprenez que vous n'avez point vaincu le vrai don Quichotte.
CÂBRASGO.
Il était aussi vrai qu'il pût être.
/ DOHQUIGHOTTE.
Je dis ^e cela n'est pas> puisque don Quichotte est celui que vous avez devant les yeux ; voyez comme vous avez pu le vaincre.
CARRASCO
Eh bien, vrai ou faux, je l'ai toujours vaincu, je le répète.
DON QmCHOTTE.
Eh bien, chevalier, il y a un bon moyen de von$ désabuser ; c'est en rase campagne et dans un com*^ bat singulier, que nous verrons quel est le plus vaillant.
CARRASCO
Le vaincu sçra à la disposition du vainqueur. .
J'y copisens. Sancho! Sancho! réveille-^toi, l'aurore a déjà dédhiré le manteau de la nuit pour couvrir l'univers de son vêtement de pourpre. Sancho .1 éveille-toi.
SAâ^GHO.
Seigneur, seigneur! Je vous renie, canaille j ne
4oo DON QUICHOTTE,
pouvez-vous laisser dormir un pauvre ecuyer errant?
AmiSanchoy lève-toi, le soleil envoie déjà ses rayons sur ton visage.
SANCHO
Et qu'est-ce que cela me fait? pensez-vous que je sois fou comme votre seigneurie pour ne pas dormir ? A peine avaisj^e attrapé le sommeil avec le petit bout des doigts que vous me le faites lâcher. Que voulez-vous que je dise ? que les mille diables vous assistent !
DON QUiCHOTT^
Va seller Rossinante, nous devons combattre ce matin avec le chevalier de la Forêt. Va, Sancho, dépêche-toi.