‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 26 sur 292 · A€TE II, SCÈNE ÏV · texte numérisé non relu

A€TE II, SCÈNE ÏV

Considère^ coBsidère seulement le bien de l'état, l'exemple que tu dois à ton peuple , qai , murmurant déjà y s'aigrira peut-rêtre davantage ^'il voit que la 'passion scandaleuse du paince le précipite dans une guerre nouvelle. La Castille ne souffrira pas l'affront devoir, au mépïûs diiî son traité, Béatrix répudiée par ton fils ; et don Pèdre ne célébrera point le ma-^ riage sans que tu lui ôtes jusqu'au souvenir d'Inez : éloigne, tandis que tu le peux , tous ces maux ; punir, c'est être bien souvent compatissant.

DON ALPHONSE

Tu me fais rentrer dans mon devoir. Pour me résoudre à lui infliger un châtiment, il suffit que je me rappelle le bien de mon peuple. Quand les intérêts de l'état élèvent la voix dans le cœur d'un roi digne du trône, la compassion, l'amitié, la nature, tout devient muet; qulnez, bannie et renfermée dans une pri- ;son reculée , soit éloignée de la présence du prince ; •que celle qui l'aveugle ne revoie pas .mon fils , tant que le flambeau allumé de la raison ne fera pas bi^û- 1er les torches de l'hyménée ; et , si cela ne suffit pas ,

nous emploîrons un autre remède plus terrible et plus efficace.

PACHECO

Cela ne suffira peut-être pas; quelque reculé, quelqu'inexpugnable que soit l'endroit que tu puisses choisir pour son liànttiSsemeTit, ton fils ira Fen arraôher. Je me tais sur ce que je pense de plus, et je te rappelle seulement que si tu veux être compatissant envers elle , en lui évitant le plus grand et le plus juste châtiment, tu dois l'exiler au moins du

Portugal. Tu as^ seigneur, une occasion favorable de renvoyer au monarque de la Casiille qui, zélë pour. la gloire de sa fille, gardera prudemment en lieu de sûreté la rivale qui ose lui disputer le cœur du prince. Suis cet avis, s'il te convient, quoique je le juge encore un bien faible remède à un aussi grand mal.

DOW ALPHONSE

J'adopterai ton conseil ; mais auparavant, usant et de la douceur et des menaces, je veux examiner le cœur d'Inez , voir si je puis l'amener à ce qu'elle cherche elle-même à éteindre les flammes qu'elle a allumées. Mais elle s'avance déjà par ici.

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