‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 274 sur 292 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

que du gazon et deô ëcorces de melon et de pastèques comme un âne de porteur d'eau : il paiera en outre les frais et les dépens. Fait à Tîle des Panças.

tous.

Vire notre gouverneur Sancho Pança! qu'il vive pour être l'exemple des ministres et l'honneur des îles.

Je suis bien satisfait que vous voyiez mon intégrité'. Malgré l'amour que je porte à mon grison , cela ne m'a pas empêché de faire justice. Maintenant je veux écrire une lettre à ma femme. Greffier, écrivez-la; mettez en tête une croix avec une lampe allumée.

LE GREFFIER

Et pourquoi une lampe , seigneur ? *

SANCHO

Etes-vous devenu âne? Où avez-vous vu une croix sans lampe ^^^^ ?

L'HUISSIER

Je l'ai mise.

s ANGHO, dictant.

Ma Thérèse, vous saurez ce que vous disait le diable, je suis devenu gouverneur en corps et en âme; mais ce nf'estpas une raison, parce que je me suis élevéà quelques pojiices de terre, pour que mon amour conjugal vous manque, ainsi que les lettres que je vous dois. ( Trois points et quatre virgules. ) Puisque v^us savez bien que quand j'épluche sur la planche à four le froment de votre affection, je jette la bourre de l'ingratitude, en vannant les choses

obligeantes, 1 ame de la correspondance reste criblée* Cependant mon amour allant au moulin des dernières extrémités , c'est là que se mettent en farine les caresses du cœur; et, le meunier de la distance me refusant la mouture de votre vue, mes yeux tamisent des larmes , avec lesquelles pétrissant la farine du chagrin dans la huche des souvenirs douloureux , les soupirs font lever cette pâte , que j'étends sur la planche des rigueurs , pour la mettre dans le four des peines ; elle s y cuit au feu des désirs. Donnant au mitron le gâteau du souci , je garde le pain acide de votre souvenir dans Tarmoire de ma mémoire. ( Point d'interrogation. ) Enfin ^ ma femme , j'ai déterminé que vous allassiez en coche, vous et ma fille à qui je recommande de se souvenir qu'elle a un père goupv^erneur. Je vous envoie^ par la présente occasion, des escargots de mer et un sac de sable; c'est tout ce que produit notre île ; grâces soient rendues à Dieu qui nous donne encore plus que nous ne méritons! Le grisou se porte bien, et vous envoie mille souvenirs ; il me charge de vous dire qu'il ne vous écrit pas parce qu'il a à une ndain quelques clous que lui a fait venir un maréchal en se querellant avec lui. Voyez si je puis vous être bon à quelque chose, je suis à votre disposition. — Ile des Lézards. Votre mari, si vous le voulez bien, Sancho Pança, gouverneur. Cette lettre sera remise à l'instant.

L'HUISSIER

Oui , seigneur ; mais voici assez d'afF^res ^ nous ne voulons pas que vous vous excédiez de travail , tout ne peut pas se terminer en une seule fois. Ve-

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