‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 276 sur 292 · SANCHO, L'HUISSIER, LE GREFFIER, LE MÉ- DECIN · texte numérisé non relu

SANCHO, L'HUISSIER, LE GREFFIER, LE MÉ- DECIN

SANCHO

Qui est-ce qui aurait pu te dire , pauvre Sancho Pança, que, de la rustique cabane de ton aldëe, tu parvienidrais à de si grands honneurs? Il n'y a pas de doute que les pre'paratifs de cette table ne soient dignes d'un grand prince. Si tout cela n'est qu'en

Théâtre Portugais, 3o

attendant,* que sera-ce quand nous en serons an repas? 0 affamé Sancho Pança, cest maintenant que tu vas tirer ton Tedtre de sa misère* Si je pouvais avoir dans cette occasion sept bouches , dix gosiers, quatre rangées de dents, huit mandibules pour engloutir tant de mets!

L'HUISSIER

Monsieur le gouverneur^ asseyez-vous.

0 cher huissier de mon cœur, dites-moi qui sont ces deux messieurs.

L^HUISSIER

Celui-ci est un médecin et celui-là est un chirurgien ; ils sont tous deux dans Tusage d'assister aux banquets qui se donnent au gouverneur; ils indiquent plus d'apparat et un plus grand état de maison.

SArrCHO.

Je me passerais de l'apparat, si la grandeur consistait à ne pas manger. Et quels sont ces hommes à perruques jaunes qui se donnent tant de mouvement?

rHtlSSlER.

Ce sont ceux qui jouent de divers instrumens pendant le repas pour exciter à l'appétit.

SANCHO.'

Je n'ai pas besoin de ces raffinemens poUr tnan-ger ; j'ai de l'appétit pour six bœufs.

( L«t tûstrtttaeQs joiitht très-^éitx. )

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