‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 292 sur 292 · FIN DU DEUXIEME ET DEBNIER ACTE · texte numérisé non relu

FIN DU DEUXIEME ET DEBNIER ACTE

SUR

CO J 'ai cru devoir traduire ainsi le mot opéra y qui n'aurak donné aucune idée du genre adopté par Antonio Jozé. Il paraît que , du temps de cet auteur , les comédiens espagnols venaient donner quelques représentations à Lisbonne , mais que l'opéra italien y avait été établi plusieurs années auparavant. Il y a fort peu de chant dans don Quichotte , et on n'en trouve guère plus dans les autres pièces, oii Ton remarque cependant quelquefois un court récitatif. Les duo , quand il y en a, n'ont point d'ensemble.

CO L'éditeur ne compte ^que deux comédies de Camoëns , et il y a en effet plusieurs éditions oii l'on ne trouve que Séleucus et Amphitryon. Cependant Filodemo est certainement du même auteur ; on l'a divisé en cinq actes dans la dernière édition in- 1 8.

C3) ( Littéralement. ) « Les pierres de la foudre. » Il paraît évident que l'auteur a voulu parler d'un aéroHthe , dont la chute avait fait probablement du bruit à Lisbonne quelque temps auparavant.

C4) Les pièces de dix reys valent environ cinq liards.

C^) Il y a ici un jeu de mot qui ne peut guère se traduire. Don Quichotte vient de dire vamos ao romper éHa aurora. Cette expression est fort usitée en portugais et isignifie littéralement ,

M allons-nous-en quand l'aurore se rompra ; » récuy er ne veut pas qu'on la rompe , parce qu'on court le risque de ne plus la trouver ; il fait encore deux ou trois mauvaises plaisanteries sur le même objet impossibles à rendre dans notre langue.

CQ Ce dialogue est cbanté; je l'ai laissé en prose, car il n'aurait rie n gagné à la versification.

(^^ Tout le monde sait que l'on mange en Espagne une espèce de gland ayant une saveur douce.

C*) (Liu.) « Sujos braqos , mes sales bras.

(s) 1 1 y a fc arvorede espinho. » On comprend sous cette dénomination les orangers , les citronniers et les autres arbres de la même famille.

C*^) (Lût.) « Des indispositions dans le ventre , » et plus loin» u des crampes dans le nez. » On remarque ensuite une phrase dégoûtante qu'on me saura bon gré de ne pas avoir traduite, bomfora tambem la^ar humas panelinhàs de doce de cocaras,

C>') Jeu de mot sur nuncupaiivo , nuncupatif , terme de juris«prudence.

C>^) Je me suis vu obligé de supprimer une longue plaisanterie qui n'aurait aucun sel en français , et qui n'en a guère en portugais. Sancho veut qu'on mette une perruque à la tête du testament , et qu'ensuite on l'enlève pour mettre un bonnet noir. Toute cette scène et celle qui suit sont» de bien mauvais goût , et cependant l'on en trouve encore de plus bizarres dans d'autres pièces du même auteur.

C'^) Item un arvore de Geracaô.

C»4) A traz so me tissinarej- seforpenna a sua lingua.

C>^) Anuido caranguejo. C'est un compliment de Sancho à sa femme, qu'on ne peut guère rendre en français. Le caranguejo est un crabe. Ces adieux sont chantés comme daas le dernier dialogue; il n'y en a plus ensiâite de ce genre.

C'^) ( Lîu. ) N La boucle de ma ceinture s'est lâchée. »

('^) (Lui, ) « La bouche attachée à un vieux fer. »

C*^) Carrasco veut dire bourreau en portugais.

0 9) Il y a dans un carneiro. Ce mot veut dire mouton, mais désigne également un genre de sépulture particulier au pays. On reiiiarque certaines tombes enclavées dans les murs des couvents ; elles portent ce nom qui pourrait se traduire par le mot de charnier. Ce discours au lion semble un peu imité de celui que fait Moron à l'ours dans la Princesse âHÉlide.

C*o) Laisfos^ taches de saleté.

C>0 La semonétrie au lieu de la physionomie ; toute cette scène serait d'un vrai comique si elle ne finissait pas aussi grossièrement* •

C^O Je ne sais pourquoi Sancho donne le titre de votre paternité à Apollon ; j'ai cru devoir le changer.

C»3) Il y a cascavelf\pi veut dire grelot; on s'en sert également pour désigner un serpent à sonnettes.

C>4) On accordait en Portugal des emplois pour plusieurs générations. L'acte se termine par un couplet qu'on ne pouvait guère mettre en vers y mais dont je donne ici le texte. Sancho continue : « Potir applaudir à cette grande victoire , et puisque je suis poète, attendu que je me trouve dans le Parnasse, je veux chanter le triomphe ; que les muses accompagnent , et que Pégase batte la mesure.

Se hoje a meu canter '

Hum zurro ha de ser ,

Qaero comecar :

An, an, an, an,

E se dos pœtas

Gallo po88o ser

Cantarei aqui

Qui quiri qui

£ loco a cola

Cà carâ cà \

Porque canto s6

C6 corô cô.

Mas inelhor sarn Tomar a dizer 0 que cantei ja An, an y #11, ao.

(*^ On ne conçoit pas d'abord le motif de cette aversion de Sancho poar l'état dont il parle ; mais il est certain qu'il doit être pénible pour un fabricant de chapeaux de travailler au feutrage par une chaleur aussi excessive que celle du Portugal.

(«Q II y a « une inesse me relevé. » On ne sait pas trop ce que peut avoir de plaisant cette grossièreté. Sancho traite toujours la dame d*altura que j'ai traduit par hautesse.

(>7) Il y a perrexil^ et ce mot ne peut guère se traduire que par une périphrase ; il signifie homme aimable et plaisant » et se permettant de dire librement ce qu'il pense. Le mot bouffon serait trop fort ; l'expression que j'ai employée m'a paru convenir. Perrexil veut dire également persil sauvage. Sancho préfère être câprier y alcaparra.

(>8) Il y a encore un jeu de mot sur les mots rompu et sortilège.

C*9) Tous ces noms sont significatifs en portugais , mais je les ai laissés en français. Il est presque impossible de donner une idée de ce genre de plaisanterie par la traduction : c'est une espèce d'amphigouri roulant sur les fontaines , les rigoles et les ruisseaux.

CSo) p orque nunca pario» \

C30 {LUt. ) « Ah! derrière de mon âme. »

C^O Nao temfiel nemjiador. Fiador veut dire également dragoned'épée et répondant. Le jeu de mot ne peut pas avoir lieu en français ; j'ai pris le sens le plus significatif. Il est facile de voir qu'Antonio Jozé faisait la critique de la manière dont on rendait la justice à Lisbonne ; il continue dans le reste de la scène à signaler d'autres abus, tels que les audiences secrètes, les ajournemens , etc.

03) Je restitue en entier cette mauvaise plaisanterie , destinée

à tourner ^en ridicule l'érudition pédantesque des juges de ce temps, de his quirnelit hum olhopara outro e com'muitos o pros^aSpao molle no cap, dos codeas; tcanbem dà mesma sorte o ouvido se naô deve fechctry para ouvir os queixosos comô dis" poefn a L, dos doze taboas depînho na secunda estancia da Madeira cod de Barrotis. Ce sont , comme pourront le voir les personnes qui entendent le portugais , des citations ridicules , qui l'eussent été peut-^étre plus en français. II. est singulier qu'Antonio Jozé n'ait pas imité davantage Cervantes dans les scènes oii Sancbo rend la justice.

t34) Pelas remelas de mihha muito desprezada mulher , etc. {Lût.) « Par la chassie de m^ trës-méprisée fenune. »

(35) Dans presque toutes les villes de Portugal , il y a un assez grand nombre de croix près desquelles on est habitué d'entretenir une lampe. Il est difficile de voir quelque chose de plus mauvais goût que la lettre de Sancho , il semble y tourner en ridicule l'état de l'agriculture quand il parle du sac de sable.

(^^^ Image dégoûtante supprimée.

(^^) Juiz da conscienca j juge de la conscience.

(^^ {Lia, ) tt Peut-on dire cela de la perdrix qui se mange la main au nez , parce qu'elle est si bonne , que si on ne le serrait pas elle entrerait dedans ?» Il est difficile de rendre une semblable plaisanterie.

(^9) La plupart des gracioso d'Antonio Jozé parlent de temps «n temps latin, mais cela est bien déplacé dans la bouche de Sancho. Je n'ai pas cru devoir supprimer ses mauvaises citations.

C4**) J'ai substitué le mot diable à celui de trompa qui exprime la chose la plus sale.

(40 j4lgmus marujos. On entend par marujo matelot. II se prend en mauvaise part , appliqué à des individus qui ne sont *'pas marins.

(40 II y a probablement de la part des autres personnages un

4g6 NOTES'SOR D0».QD1CH0TTE.

]en mnet qui n'est pas indiqua. Je ne finirai point ces noies sans Conter que j'ai sopprimë dans le cours de la pî^ deux oa trois pltisantecies trop înconTeDantes pour être traduites.

Dans ma notice sur le th^tre portugais , fai dit que Gil Yicente sertit de guide par la suite aux Quevedo et aux Lope de \egBm Je n'ai pas prétendu considérer essentiellement Quevedo comme poëte dramatique , quoiqu'il ait fait des pièces de théâtre ; ^lles ne nous soi^t pas parvenues , lui ayant été , dit-on , dérobées. Né en i5bo, il a dû avoir connaissance de Gil Yictate , comme Gnerara , Cervantes et plusieurs autres.

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