ACTE III, SCÈNE TH. 8g
Moins encore peut-être que ce que je deraîs. Ne te mets pasen peine de ce que j'ai fait, exécute ce que je te dis. Ne crains point les fiireuw du tyran , Ta chercher à l'instant nos tendres enfans , et disposetoi à me suivre.
Comment ?•«. en quel lieu?
DOIf PÈDRE.
Laissons ces lieux oà cominandent la, discorde , l'injustice et l'iniquité; évitons la dernière des horreurs, accompagne-moi, chère épouse, si tu ne veux pas mis voir encore parricide*
BOy SANGHE.
Ocîel!
INEZ
Quelle démence ! Ah ! que dis-tu ! que veux-tu faire ?
DON PÈDRE
Te défendre te posséder en paix, me dérober au crime. Us osent, Inez, menacer ta vie! Alphonse prétendait m'emprisonner, peut-être pour ordonner ton supplice. Il a osé me le dire., il faut le fuir, ou, d'un bras armé, repousser ses desseins barbares. Eh bien! fuyons , ne. t'arrête pas davantage.
INEZ
Je me. sens défaillir!.. Malheureux !... où; veuxtu me conduire ?
DON PEDRE.
A l'extrémité du monde si cela est nécessaire. En
go fREZ DE CASTRO,
sûreté à mes côtes ^ quelque part que ce soit nous
serons, heçrçux. JXe^ grpttc^ solitaires^ dej^fure
de» plaisirs purs , nous seront plus agréables que
les palais dorés , habitations fatales de tous les
maux.
INEZ
Que me proposes-tu , seigneur ! la voix me manque<
DOIÏ SANCHB.
Ah ! prince , vois le précipice où tu vas te plonger et vers lequel tu m'entraînes. Respofnsabîe* de toi...
DON PÈDRE
Je n'écoute rien. Tu peux aussi , si tu le ve^x^ nous accompagner, (ji don Souche.) Oui, je t'en prie; viens.... Accablé de fatigues, tu as a^ez connu l'air pestiféré que Ton est accoutumé à respirer dans les palais. Le souffle empoisonné que répandent la flatterie traîtresse , la fraude , l'intrigue qui tournent presque toi^jours autour du trône des rois. Ah ! viens du moins , loin de tant d'horrevrs , jouir en paix du reste de tes jours.
DON SMICHB.
Je sei'ais heureux, si c'eût été hier le dernier! Ah ! tu voudrais que près de la tombe je fusse traître à mon roi , que je concourusse à une telle folie ?. • . Moi qui ai été chargé par lui-même de ton éducation, de ce funeste emploi, je deviendrais le complice de tes crimes en souffrant que tu enfreignisses ton devoir?....
DON PEDRf:.
Quel devoir? Futiles chimères! Le premier de-