‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 46 sur 292 · ACTE III, SCÈNE VIL gr · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIL gr

voir est d'être heuretix; c'est de suivre l'instinet naturel de l'âtne. Viens ^ chère éponse.

• INEZ

O Dîen ! quel effroi ! Dans ta fréne'sîe , hélas ! . . . Que prémédites-tu ? tu veux obscurcir ton nom et ta gloire. La triste Inez serait-elle si malheureuse, que, deTënant la source de tes crimes, elle tolérât Vinfamie de te toir abandonner pour elle ta patrie et le trône. Ah! que dirait le monde?

DON PÈDRE

Ce qu'il dirait? Que la splendeur du trône n'é- . blouit pas une âme comme la mienne. Je ne perds rien en l'abandonnant pour toi ; non , chère épouse ; il vaut mieux être heureux que d'être roi.

INEZ

Et peut-il être heureux , celui qui foule aux pieds les lois de la société , qui méprise la voix du sang ? Ah ! désiste-toi, seigneur, de tes projets; obéis à ton roi : n'espère jamais que j'approuve les erreurs ou que j'y consente ; je ne te laisse partir ni ne t'accompagne.... Je ne veux ni ravir un fils à son père, ni enlever le bonheur aux Portugais , en les privant du meilleur de leurs monarques. Si mes prières....

DON PÈDRE

Les prières sont inutiles. Quoi! tu refuses, Inez, de m accompagner? Ahl ne vois-tu pas dans ces lieux horribîes tourner autour de nous la mort et les crimes?

INfiZ.

C'est pour les éviter que je ne te suis pas. L'hon--^

92 INEZDE CASTRO,

iieur, la gloire, ont plus de yaleur que la vie ; entre la mort et le crime je choisis la mort» Mais pour-^ quoi la vois-tu si prochaine 2 ton père me l'a-t-il ordonnée? ne me cache rien. Sait-il déjà que dans un lien sacré. •*»

DON PÈDRE

Je lui ai tout révélé. Mais le tyran , feignant de ne pas pouvoir me croire , orgueilleux , opiniâtre en son caprice, m'a menacé...» quelle horreur! de te faire périr. Et, pour te juger selon son désir, il ordonne que dans le château voisin on m'enferme dans une prison. Il faut donc..,.

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