ACTE IV/SCÉHE IL loi
audacieux descendant, un coup mérite et déjà bien tardif. Ah ! oui... je le vois trop... tu me montres en me menaçant Fayenir terrible qui. m'attend... Quel fléau! Quelle horreur! Quelle mer desang!.... Mes malheureux sujets.... Ah! mon fils! mon fils! arrête. •<••
COELHO
Quel délite t'entraîne ? Ton grand cœur ne doit pas sentir les remords qui ne conviennent qu'aux méchana. Ne te rappelle point de légères fautes passées; ne crains point des maux que tu peux bien empêcher.
DON ALPHONSE
Pourquoi ne viens-tu -pas, ô mort! me débarrasser du poids de l'existence, et de celui de mes crimes?
GOELHO.
Qu'arriverait-il de nous si le ciel t'écoutait ? Plongé dans le désordre, le Portugal désolé finirait avec toi. Écoute les cris de ton peuple, conserve-lui son roi. Tu n'as jamais été aussi nécessaire à tes tristes sujets: menacés de mille calamités, ta justice peut seule les aider.
DON ALPHONSE
Et comment? De quelle manière puis-je éviter les désordres qui m'engloutissent moi-même ?
GOELHO.
La cause du mal étant éteinte, le mal expire; éteins doac la cause de tant de maux. Tant qWexistera Inès, qui les fomente, tu essaieras en vain de leur porter remède .
Que dis-tu ? condamner Inez à la mort ! Ses crimes sont-ils si grands 'qu'ils le méritent...
COELUO.
Ses crimes^ seigneur.... Âh ! par malheur , jamais le monde n'a tu de crimes qui entraînassent d'aussi horribles^ d'aussi funestes conséquences. Je juge inutile de les rapporter; tu les connais bien^ ils t'affligent même assez. Séductrice ad^^ite du prince^ quand ton fils est rebelle y quand il est blasphémateur^ qui^ si ce n'est elle , le force au sacrilège î N'hésites point, seigneur; son supplice devient plus que juste ^ il est indispensable. Mais tout ce que je dia ne sufEt pas pour la condamner; tu as de meilleurs, de plus sages conseillers que tu as déjà fait réunir. Écoute leur voix ; s'ils ont pour toi, pour le bien public un zèle égal à celui qui m'enflamme , ils doivent tous unanimement te prier d'ordonner sur-le-champ le supplice d'Inez ; te peindre avec les couleurs les plus noires, avec celles qui y sont propres, la ruine du Portugal, si tu lé diffères^ les dissensions cruelles , l'horrible guerre que l'Espagne vindicative va nous susciter, et dont murmurent déjà tes sujets fatigués de ba^tailles encore récentes. La veuve qui y a perdu son époux ne veut pas maintenant perdra son fils bienaimé; le fils qui, plongé encore dans le deuil, pleure son père, n'ira pas, abandonnant sa mère, s'exposer à la mort. Enfin, seigneur, tout te crie que tu sacrifies une vie à tant de vies ; que tu laisses à l'avenir un exemple éternel , pour que personne n'ose plus, à l'imitation d'Inez, séduire le cœur des rois.